Page:Diderot - Encyclopedie 1ere edition tome 14.djvu/235

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par le poids des supérieures, toute la tendance verticale se tourne en horisontale, tant que la difficulté de soulever les couches supérieures est plus grande que celle de forcer le mur, & cela peut aller, & va effectivement fort loin.

On a observé qu’une terre qui a très-peu de hauteur, ne laisse pas de s’étendre beaucoup davantage dans le sens horisontal, & que la force qu’elle a pour s’étendre en ce sens là, est beaucoup plus grande que tout son poids, & par conséquent que la force dont elle auroit besoin pour s’étendre autant dans le sens vertical.

Plus les terres auront de facilité de s’imbiber d’eau, plus elles auront de poussée contre un mur de revêtement ; des sables n’en auroient aucune à cet égard ; & par cette raison, M. de Réaumur propose pour remede à l’inconvénient dont il s’agit, de mêler exprès des gravois dans les terres qui ne seroient pas naturellement assez sablonneuses. Non-seulement les gravois ou les sables ne s’imbiberont pas d’eau, mais ils laisseront des interstices qui seront des especes de retraites ménagées à la terre qui se renflera ; moyennant quoi elle n’agira pas contre le mur. (D. J.)

REVÊTIR, v. act. (Gram.) donner un vêtement ; c’est un gueux que j’ai revêtu. Il se prend au figuré ; il s’est montré revêtu de toute sa gloire ; on revêtit tous les jours les actions les plus atroces, des beaux noms de zele pour la religion & d’amour de la vérité ; je l’ai revêtu de toute mon autorité ; il l’a revêtu de la plus grande partie de ses biens par une donation inique qui dépouille ses vrais héritiers ; cet acte est-il revêtu de toutes ses formes ? Il faut revêtir cet endroit d’un mur ; il faut revêtir ce mur de plâtre ; il faut revêtir ce modele de cire, &c. Voyez Vêtir & Vêtement.

Revêtir, (Architect.) c’est en mâçonnerie fortifier l’escarpe & la contrescarpe d’un fossé, avec un mur de pierre ou de moilon. C’est aussi faire un mur à une terrasse, pour en soutenir les terres ; ce qui s’appelle aussi faire un revêtement.

En charpenterie, revêtir signifie peupler de poteaux une cloison ou un pan de bois ; en menuiserie, couvrir un mur d’un lambris qu’on appelle lambris de revêtement. Dictionnaire d’Architecture. (D. J.)

Revêtir, (Jardin.) c’est garnir de gazon un glacis droit ou circulaire, ou palisser de charmille, de filarin, d’ifs, &c. un mur de clôture ou de terrasse pour le couvrir. (D. J.)

REVÊTISSEMENT, s. m. (Jurisprudence.) en matiere féodale, est lorsque le seigneur reçoit le vassal en foi & hommage ; & par ce moyen lui donne l’investiture du fief.

Revêtissement, dans quelques coutumes, est le don mutuel & égal qui se fait entre deux conjoints par mariage, par le moyen duquel ils se revêtissent mutuellement de leurs biens.

Revêtissement de lignes, dans la coutume de Lorraine, est la transmission qui se fait par succession des propres aux plus proches parens du côté & ligne d’où ils sont venus. Voyez le glossaire de M. de Lauriere, au mot revêtissement. (A)

REUILLY, (Géog. mod.) petite ville de France, dans le Berri, sur l’Arnon, à 6 lieues de Bourges, à 3 d’Issoudun, & à 4 de Vatan. Il y a un hôtel-Dieu nouvellement établi ; la taille y est personnelle, mais les habitans sont fort pauvres. (D. J.)

REVIN, (Géog. mod.) petite ville de France, aux frontieres du Hainaut & de la Champagne, sur la Meuse, au-dessous de Charleville ; elle appartient à la France depuis 1679. Long. 22. 19. 30. lat. 49. 57. (D. J.)

REVIQUER, v. act. (Foulerie.) c’est faire passer les étoffes de laine par la foulerie, ou simplement les laver à la riviere pour les nettoyer & dégorger de


ce qu’elles ont trop pris de teinture, afin qu’elles ne puissent barbouiller : les ouvriers employés à reviquer s’appellent reviqueurs. Savary. (D. J.)

REVIREMENT, s. m. (Marine.) c’est le changement de route ou de bordée, lorsque le gouvernail est poussé à basbord ou à stribord, afin de courir sur un autre air de vent que celui sur lequel le vaisseau a déja couru quelque tems.

Revirement par la tête, revirement par la queue, est le mouvement d’une armée ou d’une escadre qui est sous voiles, lorsqu’elle veut changer de bord, en commençant par la tête ou par la queue de l’armée. Voyez Evolutions.

Revirement, s’emploie aussi en finance & commerce ; on dit revirement de parties ; c’est une maniere d’acquitter une chose par une autre, de s’acquitter vers une personne par une seconde.

REVIRER, v. n. (Marine.) c’est tourner le vaisseau pour lui faire changer de route. Voyez Manege du navire.

Revirer dans les eaux d’un vaisseau, c’est changer de bord derriere un vaisseau, en sorte qu’on court le même rumb de vent en le suivant.

Revirer de bord dans les eaux d’un vaisseau, c’est changer de bord dans l’endroit où un autre vaisseau doit passer.

REVISER, v. act. (Gram.) voir, examiner de nouveau.

REVISEUR, s. m. (Chanc. rom.) officier de la chancellerie romaine pour les matieres bénéficiales ou matrimoniales. Il y a dans la chancellerie de la cour de Rome plusieurs officiers appellés reviseurs. Ils mettent au bas des suppliques expediantur litteræ, lorsqu’il faut prendre des bulles ; & un grand C, quand la matiere est sujette à componende. Après avoir revu & corrigé la supplique, ils y mettent la premiere lettre de leur nom, tout au bas de la marge du côté gauche.

Entre ces reviseurs, l’un est appellé reviseur per obitum, il dépend du dataire ; il a la charge de toutes les vacances per obitum in patriâ obedientiæ ; il est aussi chargé du soin des suppliques par démission, par privation, & autres, en pays d’obédience, & des pensions imposées sur les bénéfices vacans en faveur des ministres & autres prélats courtisans du palais apostolique. L’autre s’appelle reviseur des matrimoniales ; il dépend aussi de la daterie, & ne se mêle que des matieres matrimoniales. (D. J.)

REVISION, (Jurisprud.) est un nouvel examen que l’on fait de quelque affaire pour connoître s’il n’y a point eu erreur, & pour la réformer.

Revision d’un compte, est une nouvelle vérification que l’on en fait ; la revision finale est lorsqu’après des débats fournis lors du premier examen que l’on a fait du compte, on en reforme les articles suivant les jugemens qui sont intervenus sur les débats pour procéder ensuite à un calcul juste, & à la clôture du compte. (A)

Revision, en matiere civile, est une voie de droit usitée en certain pays, au lieu de la requête civile ; les revisions ont été en usage au parlement de Besançon, jusqu’à l’édit du mois d’Août 1692, qui les a abolies. Elles sont encore en usage en Hollande & autres pays qui est sous la domination des ducs de Bourgogne. (A)

Revision en matiere criminelle, est un nouvel examen d’un procés qui avoit été jugé en dernier ressort ; c’est à peu près la même chose que la requête civile, ou plutôt que la voie de cassation en matiere civile ; il y a néanmoins cette différence entre la revision & la requête civile, que dans celle-ci les juges ne peuvent d’abord juger que le rescindant, c’est-à-dire la forme & non le rescisoire qui est le fond, & par la voie de cassation les arrêts ne sont point retractés, à moins qu’il n’y ait des moyens de forme,