Page:Diderot - Encyclopedie 1ere edition tome 14.djvu/333

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Le bec est court, épais, & d’une couleur cendrée jaunâtre ; les yeux sont grands & l’iris est rouge ; les piés ont une couleur grise claire. Les oiseaux de cette espece se plaisent beaucoup sur les saules ; ils s’y assemblent par troupes, & ils y font leur nid. On les trouve au Mexique. Ornit. de M. Brisson, tom. II. Voyez Oiseau.

Rollier de Mindanao, galgulus mindanoensis, oiseau qui est à-peu-près de la grosseur du geai ; il a un pié six lignes de longueur depuis la pointe du bec jusqu’à l’extrémité de la queue, & seulement dix pouces 3 lignes jusqu’au bout des ongles ; la longueur du bec est d’un pouce 7 lignes, & la queue 4 pouces & demi ; l’envergure est d’un pié huit pouces ; les ailes étant pliées s’étendent au-delà des trois quarts de la longueur de la queue. Le dessus de la tête est verd ; la face supérieure du cou a une couleur fauve tirant sur le violet ; la partie antérieure du dos & les grandes plumes des épaules ont une couleur fauve mêlée de verd ; les plumes de la partie postérieure du dos & celles du croupion sont variées de bleu & de verd. La gorge est d’un blanc roussâtre ; les plumes des joues & de la face inférieure du cou sont violettes, & ont chacune dans leur milieu une bande longitudinale d’un blanc mêlé d’une teinte de violet qui s’étend le long du tuyau. La poitrine est d’un roux tirant sur le violet ; le ventre, les côtés du corps, les jambes, les plumes du dessous de la queue, & celles de la face inférieure de l’aile sont d’un bleu d’aigue-marine ; les plumes du dessus de la queue, & les petites des ailes ont une très-belle couleur bleue foncée ; les plumes extérieures du premier rang sont d’un bleu couleur d’aigue-marine ; les plus proches du corps ont une couleur verte, & celles du milieu sont variées de bleu & de verd ; les grandes plumes des ailes ont du bleu foncé à leur origine, & le reste de leur longueur est d’un bleu couleur d’aigue-marine plus ou moins foncé ; les plus voisines du corps sont de la même couleur que les grandes plumes des épaules. La queue est composée de douze plumes ; les deux du milieu sont d’un verd obscur, & elles ont un peu de bleu tout du long du tuyau ; les autres sont d’un bleu foncé depuis leur origine jusque vers le milieu de leur longueur, & le reste de chaque plume est d’un bleu couleur d’aigue-marine, à l’exception de l’extrémité qui a une couleur bleue foncée. Le bec & les ongles sont noirâtres, & les piés ont une couleur grise. On trouve cet oiseau à Bengale & dans l’île de Mindanao. Ornit. de M. Brisson, tom. II. Voyez Oiseau.

ROLIN, s. m. (terme de relation.) nom que les habitans du Pegu donnent au chef de leur religion, à leur souverain pontife. (D. J.)

ROM, ou ROEM, île de Danemarck, au duché de Sleswick, sur la côte occidentale du Sud-Jutland. Elle est entre les îles de Manoë & de Sylt ; elle a deux lieues de long, sur une de large, & contient environ 1500 habitans. Il y a dans cette île deux ports où peuvent aborder les petits vaisseaux : en 1248, toute une paroisse qui étoit sur la côte occidentale de l’île, fut submergée par la mer, avec ses villages, & maisons séparées. (D. J.)

ROMAGNE, ou ROMANDIOLE, (Géog. mod.) province d’Italie, dans l’état de l’Eglise, bornée au nord par le Ferrarois, au midi par la Toscane, & le duché d’Urbin, au levant par le golfe de Venise, & au couchant par le Boulonois. C’est un pays fertile en blé, vin, huile, & fruits ; il y a beaucoup de gibier, des eaux minérales, des salines abondantes ; l’air y est salubre ; la mer & les rivieres qui sont navigables, donnent aux habitans de cette contrée du poisson, & l’avantage de pouvoir commercer.

Les principales villes de cette province sont, Ravenne, qui en est la capitale, Rimini, Sarsina, Ce-


cene, Forli, Faenza, Castel-Bolognèse, Imola.

Les bornes de la Romagne ont beaucoup varié, aussi-bien que le nom : cette province fut anciennement appellée Felsina, du nom de la ville Felsine, aujourd’hui Bologne. Tout le pays que comprend présentement la Romagne, ne porta pas néanmoins le nom de Frelsina ; on le donna seulement à cette partie, qui se trouve entre Bologne & le Rubicon. Ensuite on l’appella Flaminie, du nom de la voie flaminienne, que le consul C. Flaminius y fit faire ; & par ce nom de Flaminie, on comprend tout le pays qui se trouve entre les fleuves Rimini & Foglia. Enfin, le nom de Romandiole ou de Romagne, lui fut donné par le pape, à cause de la fidélité qu’elle garda toujours aux souverains pontifes.

Ses bornes, selon Léander, sont à l’orient la Marche d’Ancone, le long du Foglia ; au midi l’Apennin qui la sépare de la Toscane ; à l’occident la Lombardie, le long du Panaro ; & au nord les marais de Vérone & du Pô, jusqu’au Fornaci, & même une partie du golfe de Venise.

Une partie de la Romagne fut encore anciennement appellée Gaule, & surnommée Togata ; car Pline, les origines de Caton, & Sempronius, étendent cette Gaule depuis Ancone & Rimini, jusqu’au fleuve Rubicon. Enfin, les Gaulois Boiens habiterent encore ce pays, savoir entre le Pisatello & la Leuza, l’Apennin & le Pô. La puissance de ces peuples parvint à un tel point, qu’ils posséderent non seulement le pays qui leur avoit été cédé, mais tout celui que nous comprenons aujourd’hui sous le nom de Romagne ou de Romandiole.

La Romagne florentine est comprise entre l’Apennin & la Romagne propre dont elle fait partie ; on y remarque la ville appellée Citta ael Fole, & celle de Fiorenzuoia. (D. J.)

ROMAIN empire, (Gouvernement des Romains.) la république romaine avoit englouti toutes les autres républiques, & avoit anéanti tous les rois qui restoient encore, quand elle s’affaissa sous le poids de sa grandeur & de sa puissance. Les Romains en détruisant tous les peuples, se détruisoient eux-mêmes ; sans cesse dans l’action, l’effort, & la violence, ils s’userent comme s’use une arme dont on se sert toujours. Enfin, les discordes civiles, les triumvirats, les proscriptions, contribuerent à affoiblir Rome, plus encore que toutes ses guerres précédentes.

Les réglemens qu’ils firent pour remédier à de tels maux, eurent leur effet pendant que la république dans la force de son institution, n’eut à réparer que les pertes qu’elle faisoit par son courage, par son audace, par sa fermeté, & par son amour pour la gloire. Mais dans la suite, toutes les lois ne purent rétablir ce qu’une république mourante, ce qu’une anarchie générale, ce qu’un gouvernement militaire, ce qu’un empire dur, ce qu’un despotisme superbe, ce qu’une monarchie foible, ce qu’une cour stupide, idiote, & superstitieuse, abattirent successivement. On eût dit qu’ils n’avoient conquis le monde que pour l’affoiblir, & le livrer sans défense aux Barbares : les nations Gothes, Gothiques, Sarrazines, & Tartares, les accablerent tour-à-tour. Bien-tôt les peuples barbares n’eurent à détruire que des peuples barbares ; ainsi dans le tems des fables, après les inondations & les déluges, il sortit de la terre des hommes armés qui s’exterminerent les uns les autres. Parcourons, d’après M. de Montesquieu, tous ces événemens d’un œil rapide ; l’ame s’éleve, l’esprit s’étend, en s’accoutumant à considérer les grands objets.

Il étoit tellement impossible que la république pût se relever après la tyrannie de César, qu’il arriva à sa mort ce qu’on n’avoit point encore vu, qu’il n’y eut plus de tyrans, & qu’il n’y eût pas de liberté ;