Page:Diderot - Encyclopedie 1ere edition tome 14.djvu/391

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est alors garnie proche de sa circonférence d’une espece d’anneau coupé en deux par son milieu, & la détente après que l’heure a sonné s’engage dans les entailles de ces deux portions d’anneau. Cette maniere d’arrêter la sonnerie est plus sûre pour des horloges mal exécutées que par un étoquiau, comme nous l’avons dit plus haut. On appelle cette derniere roue roue de cercle. Voyez Sonnerie, Horloge, Pendule, &c. Il y a encore la roue de compte, qui est la même chose que le chaperon. Voyez Chaperon.

Outil à placer les roues de rencontre, instrument dont se servent les Horlogers. Voyez Rapporteur.

Grande Roue, nom que les Horlogers donnent en général à la premiere roue du mouvement de la sonnerie, &c. de toutes sortes d’horloges. Voyez Roue.

Grande Roue moyenne, nom que les Horlogers donnent à la seconde roue d’une montre. Voyez Roue.

Roue a travailler ou Meule, en terme de Lapidaire, est un disque de fer, de cuivre ou de plomb représenté, voyez les Pl. du Lapidaire. e est la roue vue par-dessus, c’est-à-dire, du côté sur lequel on taille ces pierres, qui est uni pour celles de fer & de cuivre, & taillé comme une lime pour celles de plomb. La fig. c représente la meule vue par-dessus, où l’on voit quatre trous dont l’usage est de recevoir les pointes de l’assiette de l’arbre, dont la partie supérieure entre dans le trou rond qui est au centre de la meule ou roue qui est retenue sur cet arbre au moyen d’une clavette qui le traverse. Voyez les Pl. de cet article & leur explic. & du lapidaire.

Roue de chasse I, parmi les Lapidaires est la principale roue de leur moulin qui donne le branle à celle sur laquelle ils travaillent les pierres, au moyen d’une corde sans fin. Cette roue est mûe par la manivelle H qu’on voit sur la table de ce moulin représenté Pl. du lapidaire. Voyez aussi une autre fig. qui représente les mêmes parties séparées du moulin : V la roue de châsse, X crapaudine & pivot inférieur de cette roue, T quarré de la manivelle, bba corde sans fin qui après avoir passé dans la gravûre de la roue de châsse V, va passer sur la poulie de la meule Y, Z pivot & crapaudiere inférieure de l’arbre de la meule, Z pivot supérieur qui entre dans une piece de bois N qui traverse le nez de la potence MN entre lesquels l’arbre de la meule Y tourne par le moyen de la corde sans fin bba qui lui transmet le mouvement imprimé par la manivelle à la roue de châsse V.

Roue a chever est, parmi les Lapidaires, une roue plus petite que la roue ordinaire à travailler les pierres ; elle est le plus souvent de fer, de figure tant-soit-peu convexe, & se place au-dessus de la roue à travailler au même arbre qu’elle, & elle sert pour chever les pierres concaves. Voyez Chever.

Roue, en terme de Potier, c’est un instrument sur lequel on façonne les grosses pieces qu’on ne peut travailler au tour.

C’est une grande roue dont les rayons s’élevent de la circonference jusqu’à une espece de moyeu ou billot tournant aisément sur son pivot, & dont la surface est fort unie. Cette roue est mise en mouvement par le potier avec un bâton. Voyez les Pl. & les fig.

Roue, s. f. terme de Tourneurs. Les Tourneurs & les Potiers d’étain se servent d’une roue pour tourner sur le tour les ouvrages qui sont ou d’un trop grand volume ou d’un trop grand poids. Cette roue qui n’a guere moins de quatre piés de diametre, a tout-autour de sa circonférence extérieure une cannelure dans laquelle se met la corde : son axe ou essieu qui


est de fer, porte de chaque bout dans les trous de deux jambages de bois élevés d’à-plomb sur des semelles aussi de bois ; pour fortifier ces jambages, il y a quatre liens à contre-fiches, deux à chacun ; chaque extrémité de l’essieu est quarrée pour y emboîter des manivelles. Lorsqu’on veut travailler, on passe la corde dont les deux bouts sont joints ensemble avec de la ficelle, sur la cannelure de la roue, & on lui fait aussi faire un tour sur la piece de bois, de pierre, d’étain, ou de telle autre matiere que ce soit, qu’on veut tourner, ou bien sur le mandrin auquel la piece est attachée ; alors un ou deux hommes, suivant l’ouvrage, tournant la roue avec les manivelles, font tourner la piece que le tourneur dégrossit, & à laquelle il donne telle figure sphérique qu’il juge à propos, avec divers outils de fer, qui sont propres aux ouvrages de tour. Savary. (D. J.)

Roue, terme de Vitrier. Les Vitriers appellent les roues du tire-plomb, deux petits cylindres d’acier posés l’un dessus l’autre, qui servent à refendre les plombs des panneaux & vitrages. Trévoux. (D. J.)

Roue-manœuvres, (Marine.) commandement de replier les manœuvres.

Roue, (Crit. sacr.) Cette piece de bois tournée en rond, & qui se meut sur un aissieu, se prend au propre & au figuré dans l’Ecriture. Comme les Hébreux fouloient quelquefois le grain avec la roue d’un chariot, Isaïe, dit xxiij. 27. « On ne fait point passer la roue du chariot sur le cumin » : c’est une allégorie pour signifier que Dieu ne traite pas si séverement les foibles que les forts. Quand le même prophete dit ailleurs, ch. v. 28. « Les roues de leurs chars sont rapides comme la tempête » : il désigne par cette similitude les Chaldéens qui devoient venir fondre sur la Judée. Roue est encore pris au figuré pour cours, révolution : « la langue enflamme tout le cours de notre vie, rotam vitæ nostræ, Τὸν τροχον τῆς γενεσέως, Jacq. iij. 6 : c’est-à dire, la langue médisante n’est propre qu’à rendre notre vie malheureuse. Si vous parlez mal des autres, peut-être entendrez-vous parler plus mal de vous ». C’est un vers d’Hésiode, auquel revient celui-ci : « Le mal qu’on dit d’autrui, ne produit que du mal. » (D. J.)

Roue, (Jurisprud.) est un supplice pour les criminels, dont l’usage est venu d’Allemagne. La peine de la roue s’exécute sur un échafaud dressé en place publique, où après avoir attaché le condamné à deux morceaux de bois disposés en sautoir en forme de croix de Saint-André, l’exécuteur de la haute-justice lui décharge plusieurs coups de barre de fer sur les bras, les cuisses, les jambes & la poitrine ; après quoi il le met sur une petite roue de carrosse, soutenue en l’air sur un poteau. Le criminel a les mains & les jambes derriere le dos, & la face tournée vers le ciel pour y expirer dans cet état.

Anciennement, & encore dans quelques pays, le criminel étoit attaché tout-d’un-coup sur une grande roue de charrette, où on lui cassoit les membres.

Quelquefois, pour adoucir la peine, les cours par un retentum qu’ils mettent au-bas de l’arrêt, ordonnent que le condamné sera étranglé dans le tems de l’exécution.

Cette peine n’a lieu que pour des crimes atroces : tels que l’assassinat, le meurtre d’un maître par son domestique, le vol de grand chemin, le parricide, le viol.

Les femmes ne sont point condamnées à cette peine, par des raisons de décence & d’honnêteté publique, voyez le gloss. de M. de Laurriere, & les in stitutes au droit criminel de M. de Vouglans. (A)

Roue, terme de Blason. Quand elle est représentée