Page:Diderot - Encyclopedie 1ere edition tome 14.djvu/571

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terres, en ce qu’elles étoient destinées aux militaires de la nation, & qu’elles passoient à leurs héritiers. On peut, dit M. le président Hainault, distinguer les terres possédées par les Francs depuis leur entrée dans les Gaules, en terres saliques, & en bénéfices militaires. Les terres saliques, continue-t-il, étoient celles qui leur échurent par la conquête, & elles étoient héréditaires : les bénéfices militaires, institués par les Romains avant la conquête des Francs, étoient un don du prince, & ce don n’étoit qu’à vie : il a donné son nom aux bénéfices possédés par les ecclésiastiques ; les Gaulois de leur côté, réunis sous la même domination, continuerent à jouir, comme du tems des Romains, de leurs possessions en toute liberté, à l’exception des terres saliques, dont les Francs s’étoient emparés, qui ne devoient pas être considérables, vu le petit nombre des François & l’étendue de la monarchie. Les uns & les autres, quelle que fût leur naissance, avoient droit aux charges & au gouvernement, & étoient employés à la guerre sous l’autorité du prince qui les gouvernoit. (D. J.)

SALIR, v. act. (Gram.) c’est rendre sale. Voyez les articles Sale & Saleté. On salit une étoffe ; on salit ses mains ; les discours deshonnêtes salissent l’imagination.

SALIS D’OR, se dit en Peinture d’un fond d’or qu’on salit avec des couleurs plus ou moins brunes, dont on fait les ombres qui donnent la forme aux objets qu’on s’est proposé d’imiter. Les espaces d’or non salis sont les rehauts ou lumieres ; ces sortes d’ouvrages ne different du rehaussé d’or que par la manœuvre, & produisent le même effet. Voyez Rehaut.

SALISBURY, (Géog. mod.) Salesbury, Sarisbury, ou New-Sarum ; ville d’Angletere, capitale du Wiltshire, sur l’Avon, à 70 milles au sud-ouest de Londres. C’est une des belles villes du royaume, remarquable en particulier par sa cathédrale d’architecture gothique. Salisbury a le titre de comté depuis Guillaume le Conquérant, & son évêché est suffragant de Cantorbery. Long. 15. 53. lat. 51. 4.

On doit distinguer dans l’histoire deux villes de Salisbury, l’ancienne (Old Salisbury) & la moderne. L’ancienne étoit la Sorviodunum des Romains, & elle est nommée dans les chroniques bretonnes, Salesbiria, Saresbiria, Saerbiria, &c. Cette ancienne place fut abandonnée des habitans, sous le regne de Richard I, & l’on transporta la ville dans l’endroit où elle est aujourd’hui.

Bennet (Thomas), célebre théologien du xviij. siecle, y naquit en 1673, & mourut à Londres en 1728, âgé de 55 ans. Voici la liste de ses principaux ouvrages écrits en anglois. 1°. Réponse aux raisons des non-conformistes sur leur séparation de l’église anglicane. 2°. Réfutation du papisme. 3°. Traite du schisme. 4°. Réfutation du quakérisme. 5°. Histoire de l’usage public des formulaires de prieres. 6°. Droits du clergé de l’église chrétienne. 7°. Discours sur la Trinité, ou examen des sentimens du docteur Clarcke sur cette matiere. 8°. Grammaire hébraïque.

Il s’est fait plusieurs éditions de la plûpart des ouvrages que nous venons de nommer, & ils sont tous exempts des défauts qu’on trouve dans la plûpart des livres polémiques. Celui contre le docteur Clarcke est rempli de témoignages d’honnêteté & de politesse : « je me rappelle, dit-il, que quand je vous témoignois par lettres, que je désapprouvois votre opinion, vous eûtes la bonté de souffrir ma sincérité, avec cette patience, cette candeur, cette douceur, qui éclate constamment dans toute votre conduite. »

Dilton (Homfroi), étoit aussi natif de Salisbury. Il cultiva les mathématiques & la théologie. On a


de lui un excellent ouvrage, intitulé, démonstration de la religion chrétienne, où il se propose de raisonner sur ce sujet, d’après la méthode des géometres. Il mourut en 1715, à l’age de 40 ans.

Massinger (Philippe), poëte dramatique, naquit à Salisbury, vers l’an 1585. Il a composé plusieurs comédies & tragédies, qui ont été jouées avec applaudissement. Langlaine en a rendu compte dans son livre, intitule : account of the dramaties english poëts, à Oxford 1691, in-8°. Massinger mourut en 1640, & fut enterré dans le même tombeau où repose Fletchers. (D. J.)

SALITIO, s. f. (Hist. anc.) exercice militaire, qui consistoit à voltiger sur un cheval de bois ; on sautoit, tantôt à droite, tantôt à gauche, ayant une épée nue dans la main.

SALIVAIRE, adj. en Anatomie, ce qui est relatif à la salive. Le conduit salivaire de Nuck. Le conduit salivaire de Coschwiz. Le conduit salivaire de Stenon. Voyez Nukc, Stenon, &c.

SALIVANT, adj. (Thérapeutique.) remede salivant, ou sialagogue, c’est-à-dire, remede excitant la salivation, ou l’excrétion, & l’évacuation abondante de la salive.

Les remedes salivans sont de deux especes, savoir : 1°. Ceux qui étant appliqués immédiatement aux organes qui séparent la salive, ou du moins à l’extrémité de leurs tuyaux excrétoires, en déterminent abondamment l’écoulement. Ces remedes sont connus dans l’art, sous le nom de masticatoire. Voyez Masticatoire ; & même l’action de mâcher à vuide, ou d’écarter & de rapprocher alternativement les mâchoires, est une cause très efficace de l’écoulement de la salive, auquel une prétendue compression des glandes parotides, ne contribue en rien pour l’observer en passant. Voyez l’article Secrétions.

2°. Les salivans sont des remedes qui étant pris intérieurement, ou introduits par quelque voie que ce soit, dans les voies de la circulation, agissent par une détermination qui mérite éminament le nom d’élective (Voyez Remede & Médicamens), sur les organes excrétoires de la salive, & déterminent un flux abondant de cette humeur. La médecine ne possede qu’un remede qui soit doué de cette vertu ; savoir, le mercure & ses diverses préparations. Voyez Mercure, matiere médicale. Voyez Salivation. (b)

SALIVATION mercurielle, (Physiolog.) Le mercure est de tous les corps celui qui produit la salivation la plus abondante. On demande avec curiosité pourquoi ce métal fluide, qui est entré par les pores de la peau, détermine les humeurs à couler par les glandes salivaires ; voici les réponses les plus plausibles à cette question embarassante.

D’abord, il faut observer que quoique le mercure agisse sur les glandes salivaires, il ne se porte pas plutôt vers ces glandes que vers les intestins. 2°. Si le mercure se répand également par-tout, il faut chercher dans le seul tissu des glandes salivaires, la raison pour laquelle ce fluide sait une évacuation par ces glandes. 3°. Le tissu des glandes salivaires peut être forcé plus facilement que celui des autres couloirs : ainsi le mercure dilate leurs conduits ; les parties mercurielles qui viennent ensuite, les dilatent toujours davantage ; cette dilatation étant faite, les humeurs se jettent en plus grande quantité vers les endroits dilatés, ainsi il pourra s’y faire un grand écoulement, tandis qu’il ne s’en fera pas dans un autre, & cela par la même raison, que la transpiration étant extraordinaire, le ventre est fort resserré. 4°. Il y a un autre phénomene qui arrive dans l’usage du mercure, & auquel il faut faire attention pour expliquer la salivation ; c’est qu’il survient souvent