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Les feuilles & les fleurs de sauge sont aussi employées pour l’usage extérieur ; elles entrent dans les fomentations, les lotions, les embrocations, &c. toniques, fortifiantes, antiputrides, & principalement dans cette composition magistrale si connue sous le nom de vin aromatique. Voyez Vin aromatique.

La sauge a aussi quelques usages diététiques. Il est très-commun, par exemple, en Languedoc de piquer avec de petits bouquets de sauge le porc-frais qu’on veut faire cuire à la broche, & il paroît que la sauge qui retient, malgré la longue cuite que demande cette viande, une grande partie de son parfum, & toute son amertume, corrige très-efficacement la fadeur & la qualité laxative du cochon.

Les feuilles, les sommités fleuries ou les fleurs de sauge entrent dans l’orviétan, la poudre contre la rage, l’emplâtre de bétoine, l’eau thériacale, l’élixir de vitriol, le sirop de stæchas, &c. son huile essentielle dans le baume nervin. On prépare avec la sauge une huile par infusion & coction qui doit être rangée avec celle de ces huiles qui empruntent une vertu réelle de la substance dont on prétend les imprégner. Celle-ci est vraiment résolutive, propre à dissiper les douleurs, les contractions des membres, &c. (b)

SAUGUE, s. m. (Marine.) bateau pêcheur de Provence.

SAUGUES, (Géogr. mod.) petite ville de France dans le Bas Languedoc, recette de Mende ; c’est encore le nom d’un gros bourg de l’Auvergne, élection de Brioude. (D. J.)

SAVIGNANO, (Géogr. mod.) petite ville d’Italie dans la Romagne, au bord de la Plussa, sur l’ancienne voie émilienne, entre Cæsena & Rimini, à-peu-près à égale distance de chacune de ces villes. Long. 29. 43. latit. 44. 10. (D. J.)

SAVILLAN, ou SAVILLANS, (Géogr. mod.) ville d’Italie dans le Piémont, capitale de la province de même nom, sur la riviere de Maira, entre Salusses & Fossano, à 5 milles de chacune de ces places, & à pareille distance de Coni ; c’est une petite ville, mais jolie & fortifiée. Long. 24. 20. latit. 44. 30. (D. J.)

SAVILLANO, (Géogr. mod.) province d’Italie dans le Piémont ; elle est bornée au nord par la Carmagnole, au midi par la province de Coni, à l’orient par celle de Chérasco, & au couchant par le marquisat de Salusses. Elle est traversée par plusieurs rivieres, entre autres par le Pô même. Savillan est la capitale de cette province. (D. J.)

SAVIO, le (Géogr. mod.) riviere d’Italie. Elle prend sa source dans le Florentin, entre ensuite dans la Romagne, & vient se perdre dans le golfe de Venise, environ à quatre milles au couchant septentrional de Cervia. (D. J.)

SAULE, s. m. (Hist. nat. Bot.) salix ; genre de plante à fleur en chaton, composée de plusieurs étamines disposées en épi. Cette fleur est stérile ; les embryons naissent sur des especes de saules qui n’ont pas de fleurs en épi, & deviennent dans la suite un fruit ou une capsule conique, qui s’ouvre en deux parties, & qui renferme des semences garnies d’une aigrette. Tournefort, inst. rei herb. Voyez Plante.

Saule, salix ; arbre qui se trouve dans toute l’Europe, même dans la partie la plus septentrionale de la Lapponie. Le saule, le bouleau & le pin, sont les derniers arbres que l’on rencontre en pénétrant dans les climats glacés du nord. Aucun arbre n’a dans ses especes, qui sont fort nombreuses, autant de variations que le saule, en ce qui concerne la stature. On connoît des saules de toutes grandeurs, depuis un pouce de hauteur jusqu’à plus de soixante piés. Il y a des saules blancs, noirs, jaunes, verds & rouges. Il se trouve d’ailleurs tant de différences dans la forme & la couleur des feuilles, que toute la description


que l’on peut faire en général de ces arbres, se réduit à ce qu’ils portent des fleurs femelles sur différens individus. Les chatons qui sont blancs, rouges, jaunes ou bleuâtres, selon les especes de saules, s’épanouissent au mois d’Avril dans les climats tempérés, & les graines qui ont été fécondes, mûrissent & se dispersent dans le mois de Juin.

Il seroit immense, & la nature de cet Ouvrage ne permet pas d’entrer dans des détails sur chaque espece de saule, dont on connoît plus de soixante sortes. J’en traiterai donc sous trois différences qui les distinguent assez essentiellement. Les saules, les marceaux & les oziers.

Les saules sont les especes de ce genre qui prennent le plus de hauteur. Ils se plaisent dans les lieux bas, & sur le bord des eaux ; mais il ne faut pas que leurs racines soient tout-à-fait dans l’eau. Ces arbres se multiplient de plançons de la grosseur du poignet & de la hauteur de huit ou dix piés : on les place dans des trous de la profondeur d’environ deux piés, & à cinq ou six de distance, après qu’on a formé ces trous à coups de maillet avec un pieu armé de fer. Comme le plançon ne remplit pas le trou exactement, on acheve de le remplir avec de la terre meuble qui facilite la reprise. Cette plantation se fait au printems, immédiatement après les gelées. Nul autre soin ensuite que de l’élaguer les deux premieres années. Comme l’objet d’une telle plantation est de se procurer des perches & des échalas, on étête les saules tous les trois ou quatre ans à la sortie de l’hiver. Il faut avoir soin de couper les perches le plus près de la tête de l’arbre qu’il est possible, afin d’empêcher qu’il ne s’y forme des abreuvoirs qui accourcissent beaucoup la durée de l’arbre. Le saule croît très-promptement, mais pas encore aussi vite que le marceau. Il s’éleve à 60 ou 70 piés, mais il ne profite guere que pendant 25 ans.

Quelque méprisable que soit le saule par la petite qualité de son bois, les anciens lui faisoient l’estime de le mettre au troisieme rang des arbres utiles, relativement au profit qu’on retire des biens de campagne. Le bois de saule est blanc, gras, rebours & sort tendre. Les troncs gros & sains de cet arbre peuvent servir à faire des planches, que l’on emploie comme celles du tilleuil & du peuplier ; mais quand les saules sont creux & pourris dans le cœur, on les coupe par tronçons qui font un bois de chauffage passable, après les avoir laissé sécher pendant six mois. Les arbres qui sont têtards donnent des branches que l’on coupe tous les trois ou quatre ans, & qui servent à faire des perches & des échalas. On les pele dans le tems de la seve, & on les laisse secher pendant un an à l’abri pour leur donner un peu plus de durée. Les Sculpteurs font quelque usage du bois de saule ; les Peintres & les Graveurs en tirent quelque service pour tracer leurs esquisses ; les Orfevres pour polir l’or & l’argent, & les Salpétriers pour la poudre à canon. On peut s’en servir aussi pour aiguiser les outils tranchans. Ce bois pourri est excellent pour la culture de quelques plantes & arbrisseaux qui ne peuvent végeter que dans une terre fraiche dénuée de force & de substance ; & les feuilles de l’arbre trempées dans l’eau & répandues dans la chambre d’un malade, en rafraichissent l’air d’une façon singuliere.

Le marceau ne s’éleve qu’à 25 ou 30 piés. Il differe des saules & des oziers par sa feuille, qui est beaucoup plus large. Cet arbre est de la nature des amphibies ; il se plait dans les lieux bas & humides, & il ne réussit pas moins bien dans les terreins élevés, où il ne craint que le sable vif & la craie pure. De toutes les especes de saules, c’est celle qui peut le mieux se passer d’humidité ; & c’est peut-être de tous les arbres celui qui vient le plus vîte, qui se multiplie le plus aisément, qui fournit le plus de bois, &