Page:Diderot - Encyclopedie 1ere edition tome 15.djvu/495

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de Gueldre, d’Utrecht, & d’Overyssel. On attacha à cette dignité le commandement des armées, tant par terre que par mer, avec le titre de capitaine-général & d’amiral ; le stathouder eut le droit de disposer de tous les emplois militaires, celui de nommer les magistrats, sur la nomination des villes, qui lui étoient présentées, enfin celui de faire grace aux criminels. Outre cela il assistoit aux assemblées des états, dans lesquelles on ne prenoit aucune résolution que de son consentement. Il présidoit dans chaque province à toutes les cours de justice ; il étoit chargé de l’exécution des decrets de la république ; il étoit l’arbitre des différends qui survenoient entre les villes & les provinces de la république. Tous les officiers étoient obligés de lui prêter serment de fidélité, après l’avoir prêté aux états des provinces & au conseil d’état.

Guillaume I. ayant été assassiné en 1584, les mêmes provinces, en reconnoissance des services éminens de ce prince, conférerent la dignité de stadhouder au prince Maurice son fils, avec la même autorité & les mêmes prérogatives. Frédéric Henri, frere du prince Maurice, lui succéda en 1625 ; après avoir fait respecter sa république, il mourut en 1647, & Guillaume II. son fils prit possession du stadhouderat, dont on lui avoit accordé la survivance du tems même de son pere. Il en jouit jusqu’à sa mort arrivée en 1650. Comme les vues ambitieuses de ce prince avoient donné de l’ombrage aux provinces de la république, elles prirent des mesures pour renfermer l’autorité du stathouder dans des bornes plus étroites, & même la province de Hollande forma le dessein d’exclure son fils Guillaume III. depuis roi d’Angleterre, de toutes les charges possédées par ses ancêtres. Cependant en 1672, la Hollande étonnée des progrès de Louis XIV. nonobstant les efforts de la faction républicaine, déclara le prince Guillaume stadhouder & capitaine-général des forces de la république, avec le même pouvoir dont avoient joui ses prédécesseurs. Cet exemple fut suivi de quatre autres provinces. En considération de ses services, les états de Hollande déclarerent, en 1674, la charge de stathouder héréditaire, & accorderent qu’elle passeroit aux héritiers mâles de Guillaume III. De cette maniere il fut stadhouder de cinq provinces, & il conserva cette dignité, même après être monté sur le trône d’Angleterre. Ce prince exerçoit en Hollande un pouvoir si absolu, qu’on disoit de lui, qu’il étoit roi de Hollande & stathouder d’Angleterre. Il mourut sans enfans en 1702, & déclara pour son légataire universel le jeune prince de Nassau-Dietz, son parent, descendu de Guillaume-Louis de Nassau-Dietz, cousin de Guillaume I. fondateur de la république, qui étoit déjà stadhouder héréditaire des provinces de Frise & de Groningue ; ce prince eut le malheur de se noyer en 1711, en passant un bras de mer appellé le Moerdyck. Il n’avoit point été stadhouder de toute la république, mais simplement des deux provinces susdites. Son fils posthume, Guillaume-Charles-Henri Frison, prince de Nassau-Dietz, succéda à son pere dans ses biens & dans le stadhouderat des provinces de Frise & de Groningue ; en 1722 la province de Gueldre le nomma aussi son stadhouder, mais les quatre autres provinces, dans lesquelles le parti républicain dominoit, ne voulurent jamais lui accorder cette dignité. Enfin en 1747, ces provinces forcées par le peuple, & d’ailleurs effrayées des victoires de la France, déclarerent ce prince stathouder, lui accorderent une autorité plus grande qu’à aucun de ses prédécesseurs, déclarerent le stadhouderat héréditaire dans sa famille, & y appellerent même les femmes au défaut des mâles. Ce prince a joui de la dignité de stadhouder jusqu’à sa mort ; après lui elle est passée au prince Guillaume son fils,


né en 1746, qui la possede aujourd’hui.

On donne aussi dans les Pays-Bas le nom de stathouders à des officiers municipaux, qui font dans de certains districts les fonctions des subdélégués des intendans de province en France. (—)

STATICE, statice, s. f. (Hist. nat. Bot.) genre de plante dont les fleurs sont réunies en une sorte de tête presque sphérique, & soutenues par un calice commun. Cette tête est formée par plusieurs fleurs, qui ont la forme d’un œillet, & qui sont composées de plusieurs pétales ; ces pétales sortent d’un calice particulier à chaque fleur, & fait en forme d’entonnoir. Le pistil sort aussi du calice, & devient dans la suite une semence oblongue & enveloppée par le calice ou par une capsule. Tournefort, inst. rei herb. Voyez Plante.

Entre les neuf especes de ce genre de plante, nous décrirons la premiere de Tournefort, statice vulgaris major, I. R. H. 340. on l’appelle en anglois the sea july flower. Sa racine est longue, assez grosse, ronde, ligneuse, rougeâtre, vivace, divisée en plusieurs têtes. Elle pousse un grand nombre de feuilles longues & étroites comme celles du gramen, de couleur de verd-de-mer. Il releve d’entre ces feuilles, plusieurs tiges à la hauteur d’environ un pié, droites, sans nœuds, creuses, presque toutes nues ; elles portent à leur sommet un bouquet sphérique de petites fleurs à cinq pétales, blanches, purpurines, disposées en œillet, dans un calice formé en entonnoir ; ce bouquet de fleurs est encore soutenu par un calice général écailleux. Lorsque les fleurs sont tombées, il succede à chacune d’elles une semence oblongue, pointue par les deux bouts, enfermée dans une capsule qui a servi de calice à la fleur.

Cette plante croît aux lieux montagneux, un peu humides ; elle fleurit en été, & comme ses fleurs ne s’ouvrent pas toutes ensemble, mais les unes après les autres, elle reste fleurie jusqu’au milieu de l’automne. On l’estime vulnéraire, astringente, & convenable pour arrêter le sang dans la dissenterie, & les regles trop abondantes. (D. J.)

STATION, s. f. (Gram.) lieu où l’on s’arrête.

Station, en Géométrie, &c. est un lieu qu’on choisit pour faire une observation, prendre un angle ou autre chose semblable.

On ne peut mesurer une hauteur ou une distance inaccessible, qu’on ne fasse deux stations dans deux endroits, dont la distance est connue. Quand on fait des cartes géométriques de provinces, &c. on fixe les stations sur plusieurs éminences du pays, & de-là on prend les angles aux différentes villes, villages, &c.

Dans l’arpentage, on mesure la distance qu’il y a d’une station à une autre ; & on prend l’angle que l’endroit où on se trouve forme avec la station suivante. Voyez Arpentage. (E)

Station, en Astronomie, est la position ou l’apparence d’une planete au même point du zodiaque plusieurs jours de suite. Voyez Planete.

Comme la terre, d’où nous appercevons le mouvement des planetes, est placée hors du centre de leurs orbites, les planettes, vues de la terre, ont un cours irrégulier ; quelquefois on les voit aller en avant, c’est-à-dire, d’occident en orient, c’est ce qu’on appelle être directes ; quelquefois on les voit aller en arriere, c’est-à-dire, d’orient en occident, c’est ce qu’on appelle être rétrogrades. Voyez Direct & Retrograde.

De plus, entre ces deux états, il y en a un autre intermédiaire, dans lequel les planetes ne paroissent aller ni en avant, ni en arriere, mais rester à la même place dans leur orbite ; c’est ce qu’on appelle leur station ; c’est ce qui arrive quand les lignes suivant lesquelles on voit une planete de dessus la