Page:Diderot - Encyclopedie 1ere edition tome 16.djvu/781

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admettre qu’une seule, comme le vouloient les Monothélites. Voyez Monothélites.

On l’appella type parce que c’étoit une espece de formulaire de foi, ou plutôt un reglement auquel tout le monde devoit conformer sa conduite, en s’abstenant de parler des matieres controversées.

Le véritable auteur du type étoit Paul, patriarche de Constantinople, & monothélite, qui crut assez servir son parti en forçant par autorité les catholiques à n’oser publier leur foi, espérant que l’erreur feroit assez de progrès, tant qu’on ne la combattroit pas. En conséquence, il insinua à l’empereur Constans de supprimer l’ecthèse d’Héraclius, & de publier un édit pour imposer silence aux orthodoxes & aux monothélites ; mais sur-tout aux premiers qui se plaignoient vivement de l’ecthèse, comme favorable au monothélisme ; mais on sent que cette prétendue voie de pacification étoit injuste, & qu’elle opprimoit la vérité, sous prétexte d’éteindre les disputes : on croit cependant que Constans avoit donné cette loi à bonne intention, puisque dans le type même, après avoir ordonné le silence aux deux partis, il ordonne qu’on s’en tienne aux saintes Ecritures, aux cinq conciles œcuméniques, & aux simples passages des peres, dont la doctrine est la regle de l’Eglise, sans y ajouter, en ôter, ni les expliquer selon des sentimens particuliers. Mais quelles que fussent les intentions de l’empereur, il est certain que celles des monothélites étoient d’en abuser & de s’en prévaloir contre les catholiques. Aussi le pape Théodore ne tarda-t-il point à prononcer la sentence de déposition contre le patriarche Paul. Le type fut examiné dans le concile de Latran, tenu en 649, & l’on y prononça anathème contre tous ceux qui admettoient l’impiété du type & de l’ecthèse. Voyez Ecthèse.

Type, s. m. (Art numismatique.) terme générique par lequel les médaillistes entendent l’empreinte qui est marquée sur la tête & le revers des médailles, comme symboles, figures de divinités, de génies, d’hommes, de femmes, d’animaux, & de choses insensibles. On explique toutes ces choses en detail au mot Tête & Symbole, art numismat. (D. J.)

TYPÉE, (Géogr. anc.) montagne du Péloponnèse, dans l’Elide. En allant de Scillunte à Olympie, dit Pausanias, l. V. c. vj. avant que d’arriver au fleuve Alphée, on trouve un rocher fort haut, qu’on appelle le mont typée. Les Eléens, ajoute-t-il, ont une loi par laquelle il est ordonné de précipiter du haut de ce rocher, toute femme qui seroit surprise assister aux jeux olympiques, ou qui même auroit passé l’Alphée les jours défendus ; ce qui n’étoit jamais arrivé qu’à une seule femme nommée Callipatire, selon quelques-uns, & Phérénice, selon d’autres. Cette femme étant devenue veuve, s’habilla à la façon des maîtres d’exercice, & conduisit elle-même son fils Pisidore à Olympie. Il arriva que le jeune homme fut déclaré vainqueur : aussi-tôt sa mere transportée de joie, jette son habit d’homme, & saute par dessus la barriere qui la tenoit enfermée avec les autres maîtres. Elle fut connue pour ce qu’elle étoit, mais on ne laissa pas de l’absoudre en considération de son pere, de ses freres, & de son fils, qui tous avoient été couronnés aux jeux olympiques. Depuis cette aventure, il fut défendu aux maîtres d’exercice, de paroitre autrement que nuds à ces spectacles. (D. J.)

TYPHO, sorte d’ouragan. Voyez Ouragan.

TYPHOÉE, s. m. (Mytholog.) monstre né de l’alliance de la Terre avec le Tartare. Il avoit cent têtes de serpent ; ses langues étoient noires ; un feu ardent partoit de tous ses yeux, & de toutes ses bouches sortoient des sons inéfables, tantôt intelligibles pour les Dieux, & tantôt semblables aux mugisse-


mens des taureaux, ou aux rugissemens des lions, & qui faisoient retentir les montagnes de siflemens effroyables.

Il ne naquit qu’après la défaite des Titans, & seroit le maître des dieux, si Jupiter honoré par l’olympe de la souveraineté, n’eût prévenu ce terrible monstre. Armé de son tonnerre, ce dieu, dit Hésiode, fait retentir la terre & les cieux ; la mer s’agite, & les flots se poussant impétueusement les uns les autres, viennent se briser contre les côtes ; la terre gémit, le ciel s’enflamme ; Pluton est troublé dans les enfers, & le bruit des carreaux de Jupiter va porter la terreur jusque sous le tartare, dans la ténébreuse demeure des Titans ; il s’élance de l’olympe, & brûle toutes les têtes du monstre qui tombant sous ses coups redoublés, est sur le champ précipité jusqu’au fond du tartare ; le feu dont ses têtes sont embrasées, se communique à la terre, qui fond comme de l’étain dans les fourneaux.

De Typhoée sont nés les vents nuisibles aux mortels, & différens de Notus, de Borée, & de Zéphire. L’origine de ceux-ci est divine, & leur utilité répond à l’excellence de cette origine ; mais les autres, soufflant sur la face de la mer, y font périr navires & nautoniers ; rien ne peut garantir de leur rage ceux qui ont le malheur d’en être surpris ; ils se répandent avec une égale fureur sur la terre, & leurs tourbillons impétueux renversent & détruisent tous les ouvrages des mortels. Voyez Typhon. (D. J.)

TYPHOMANIE, s. f. en Médecine, est une maladie du cerveau, dans laquelle ceux qui en sont attaqués ne peuvent dormir, quoiqu’ils en aient grande envie ; ils sont couchés ayant les yeux fermés, disent des choses absurdes, & jettent les membres de côté & d’autre ; si on les touche, ils ouvrent d’abord les yeux, regardent de travers, & retombent dans une espece d’assoupissement, qui est interrompu par une foule d’idées fâcheuses.

La typhomanie est une espece de frenésie & de léthargie compliquée, on l’appelle aussi coma vigil. Voyez Coma, Frenésie & Léthargie.

Le mot est formé du grec typhos, fumée, & mania, folie.

TYPHON, (Physiq. générale.) un typhon est un vent vif, fort, qui souffle de tous les points, varie de tous les côtés, & communément vient d’en-haut.

Il est fréquent dans la mer orientale, sur-tout dans celle de Siam, de la Chine, du Japon, & entre Malacca & le Japon. Il sort avec violence le plus souvent du point de l’ouest, & parcourant tout l’horison avec beaucoup de rapidité, il fait le tour en vingt heures ; il accroît de force de plus en plus ; il éleve la mer à une grande hauteur avec ses tournans, & chaque dixieme vague s’élevant plus que les autres, fait perdre aux gens de mer tout espoir de se sauver ; c’est pourquoi la navigation de l’Inde au Japon est fort dangereuse, de sorte que si de trois vaisseaux il en arrive un à bon port, on regarde cet événement comme un voyage heureux.

Le typhon régne le plus ordinairement en été, & il est plus terrible, qu’on ne peut imaginer sans l’avoir vû ; de sorte qu’il n’est pas étonnant, que les côtés des vaisseaux les plus forts & les plus gros n’y résistent pas ; on croiroit que le ciel & la terre vont se replonger dans leur ancien cahos.

Il exerce sa furie sur terre comme sur mer, renverse les maisons, déracine les arbres, & emporte de gros vaisseaux jusqu’à un mille de la mer.

Il dure rarement plus de six heures ; dans l’Océan Indien, la mer est d’abord unie, mais il s’y éleve ensuite des vagues terribles. Ainsi près de la ville d’Arbeil en Perse, ce typhon éleve tous les jours à midi, dans les mois de Juin & de Juillet, une grande quantité de poussiere, & dure une heure.