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sont affectés aux réguliers du même ordre. Voyez ci-devant Cures-prieurés & Cures régulieres.

Cures des villes murées : il faut être gradué pour les posséder ; elles ne peuvent être permutées par des gradués avec d’autres ecclésiastiques qui ne le seroient pas. Voyez le code des curés. (A)

Cure, dans quelques anciennes ordonnances, est dit pour curatelle des enfans mineurs. Voyez le IV. tome, pag. 50. 173. & 183. (A)

CURE, s. f. (Medecine.) Ce terme a différentes significations, selon les différens cas dans lesquels il est employé.

1°. On s’en sert pour exprimer le succès d’un medecin (ou de tout autre guérisseur) dans le traitement d’une grande maladie, qui est suivi ou de la guérison que l’on n’avoit pas lieu d’espérer, selon toutes les apparences, ou qui sembloit extrèmement difficile à opérer ; ainsi on dit à cette occasion qu’il a fait une belle cure, lorsque par l’évenement il est censé avoir réussi, ou qu’il a réussi en effet à empêcher que la maladie n’ait été suivie de la mort, ou qu’elle ne restât incurable, comme il y avoit lieu de le craindre dans la supposition. Le mot cure n’est employé dans ce sens que dans le cas où la maladie est terminée, ou comme terminée par le rétablissement de la santé ; ainsi il est alors presque synonyme à guérison. Voyez Guérison.

Il est bien des medecins, ou autres gens soi-disans tels, qui se vantent ou se font honneur d’avoir opéré des cures merveilleuses par des méthodes de traiter qui ne sont le plus souvent (aux yeux des connoisseurs) qu’un tissu de fautes, & autant de preuves de leur ignorance dans le véritable art de guérir ; leur mérite bien apprécié, ne consiste donc, dans ce cas, qu’en ce qu’ils ont été assez heureux pour avoir eu à traiter des sujets dans lesquels la nature a été assez robuste, non-seulement pour détruire seule la cause de ces maladies, mais encore pour surmonter tous les obstacles qu’on a mis à ses opérations dans le cours du traitement, par les effets multipliés des remedes employés mal-à-propos, & conséquemment sans qu’on l’ait consultée, & sans qu’on ait cherché à connoître ce qu’elle indique, parce qu’on ne l’a jamais connue elle-même comme morborum medicatrix. C’est cependant d’un semblable bonheur que naît le plus souvent la plus grande réputation & la moins méritée, parce que très-peu de personnes sont en état de discerner le vrai medecin, parce que le grand nombre ne juge que d’après l’évenement, qui est très-souvent un fort mauvais garant, & qui n’est jamais sûr pour les conséquences qu’on peut en tirer. « Le sage préjugé fut toûjours pour la regle, dit M. de Fontenelle. S’il n’y a pas de moyen absolument sûr pour éviter de se tromper dans le choix d’un medecin, il est au moins certain qu’il est de la prudence de ne donner sa confiance qu’à celui dont l’expérience a toûjours été éclairée par de bonnes études ; & qu’il est au contraire très-dangereux de la donner à celui qui travaille à conserver l’espece humaine, comme Deucalion & Pyrrha travailloient à la réparer ».

2°. Il est aussi d’usage d’employer le mot cure comme synonyme de curation, traitement de maladie, θεραπεία, ἴασις, sanatio, curatio, & par conséquent pendant le cours de la maladie que l’on traite, en employant les moyens propres à en procurer la guérison : ainsi un medecin dit qu’il a eu un tel symptome à combattre, qu’il a fait usage de tel remede pendant toute la cure d’une telle maladie.

Les auteurs d’institutions de Medecine distinguent dans ce dernier sens quatre sortes de cures : 1°. la conservative ou vitale, sous laquelle est aussi comprise l’analeptique : 2°. la préservative ou prophylactique : 3°. la palliative ou mitigative, qui renferme


l’urgente : 4°. la radicale, qui est proprement le traitement thérapeutique ou curatif.

Ces différentes sortes de cures sont reglées, pour le choix, par autant de sortes d’indications correspondantes, qui déterminent les différens objets que doit se proposer le medecin dans le traitement de chaque maladie, d’après la connoissance bien acquise de la nature du vice qui trouble l’œconomie animale, dans le cas qui se présente.

La partie de la Medecine qui enseigne la maniere de procurer la cure (guérison) des maladies, & de procéder dans leur cure (traitement), est la Thérapeutique. Voyez Thérapeutique, Méthode de traiter les maladies, ou Traitement ; Indication, Remede, & l’article Medecine. (d)

Cure, (Fauconnerie.) c’est une sorte de pillule composée de coton, d’étoupes & de plumes, que les Fauconniers font prendre aux oiseaux de proie pour dessécher leur flegme. Armer les cures de l’oiseau, c’est mettre auprès quelques petits morceaux de chair, pour lui faire mieux avaler la cure. Tenir sa cure, se dit de l’oiseau quand la pillule fait son devoir. On dit, les oiseaux se portent bien, quand ils ont rendu leur cure.

CURÉ, (Jurisp.) en général est un ecclésiastique qui possede un bénéfice-cure auquel est attaché le soin des ames d’une paroisse, c’est-à-dire du territoire de cette cure, pour le spirituel.

Le titre de prêtre étoit autrefois synonyme de curé, parce qu’on n’ordonnoit point de prêtre qu’on ne lui donnât en même tems la direction d’une église. On appelloit aussi les curés, personæ ecclesiarum.

Le nom de curé vient de habet curam animarum, d’où les auteurs latins du bas siecle ont dit curatus pour curator.

Dans quelques pays, comme en Bretagne, on les appelle recteurs.

Il y a des paroisses dont les curés ont laissé anciennement la conduite des ames à des vicaires, & ne se sont réservé que le titre de curé avec les dixmes ou une portion d’icelles, & quelques marques de prééminence : on les appelle curés primitifs ; & ceux qui sont chargés de la conduite des ames, sont aussi qualifiés de curés ou vicaires perpétuels, pour les distinguer des vicaires amovibles ; avec cette restriction néanmoins, que ces vicaires perpétuels ne peuvent prendre le titre de curés dans tous les actes & cérémonies où se trouve le curé primitif.

Les curés représentent à certains égards les lévites de l’ancien Testament qui étoient chargés des fonctions du sacerdoce ; ils ont comme eux de droit commun la dixme de tous les fruits de la terre pour leur subsistance ; mais ils représentent encore plus particulierement les disciples auxquels ils ont succédé, de même que les évêques aux apôtres. Ils tiennent le second rang dans la hiérarchie ecclésiastique, c’est-à-dire qu’ils ont rang immédiatement après les évêques. Leur puissance de jurisdiction est également de droit divin dans sa premiere institution ; mais toûjours avec subordination à l’autorité des évêques, comme il est aisé de le voir dans les monumens de l’Église dès les premiers siecles.

Dans quelques lieux exceptés de l’ordinaire, il y a des prêtres commis à la desserte des sacremens, qui prennent aussi le titre de curés. Voyez ci-après Exemption de l’ordinaire.

Les devoirs & fonctions des curés, & leurs droits, vont être expliqués dans les subdivisions suivantes.

Absence du Curé, voyez Résidence.

Age, voyez ci-dessous Capacités.

Bannalité, voyez Exemption.

Baptême, voyez Sacremens.

Bis cantat. Quand il se trouve deux églises voisines, si pauvres qu’elles n’ont pas de quoi entretenir