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GUIANACOES, s. m. (Hist. nat. Zoolog.) animal quadrupede d’Amérique, qui est de la taille de nos plus grands cerfs ; il a le cou fort long, les jambes menues, & le pié fourchu ; sa tête ressemble tout-à-fait à celle du mouton, & il la porte avec grace ; sa queue est touffue & d’un roux très-vif ; son corps est garni de laine rouge sur le dos, blanche sur les côtés & sous le ventre. Cet animal est extrèmement agile ; il a la vûe perçante & fuit dès qu’on veut l’approcher, Les Indiens se servent de sa peau pour faire leurs vêtemens. Voyez le voyage à la mer du Sud, fait par quelques officiers commandant le vaisseau le Wager. (—)

GUIANE, (Géog.) les Géographes donnent aujourd’hui ce nom à tout le pays qui s’étend le long des côtes de l’Amérique méridionale, entre l’Orinoque & l’Amazone. On peut le diviser du nom de ses possesseurs d’orient en occident, en Guiane portugaise, Guiane françoise, Guiane hollandoise, & Guiane espagnole. La Guiane portugaise, que la France a cédée à la couronne de Portugal par la paix d’Utrecht, s’étend depuis la rive septentrionale & occidentale de l’Amazone jusqu’à la riviere d’Yapoco, que les François de Cayenne nomment Oyapoc, & qui fut mal-à-propos confondue alors avec la riviere de Vincent Pinçon, qui est beaucoup plus au sud. La Guiane françoise, ou la France équinoxiale, qui est la colonie de Cayenne, embrasse l’espace compris entre la riviere d’Oyapoc & celle de Marawini, que l’on nomme à Cayenne Marauni ou Maroni. La Guiane hollandoise commence à la riviere de Marawini, & se termine à celle d’Esséquébé. Il reste pour la Guiane espagnole le pays renfermé entre l’Esséquébé, où se termine la colonie hollandoise & l’Orinoco. Dans les premiers tems de la découverte de l’Amérique, où les Espagnols en prétendoient la possession exclusive, ils avoient donné le nom de nouvelle Andalousie à toutes les terres voisines des côtes, entre l’embouchure de l’Orinoco & celle de l’Amazone ; & ils n’avoient donné le nom de Guiane ou plûtôt de Goyana, qui s’est depuis étendu jusqu’à la mer, qu’à la partie intérieure du Continent, renfermée entre leur nouvelle Andalousie & le fleuve des Amazones. C’est dans cet intérieur des terres qu’on plaçoit le fameux lac Parime, sur les bords duquel étoit située la ville fabuleuse de Manoa del Dorado. Voyez Parime & Manoa. Article de M. de la Condamine.

GUIBERT, (Manuf. en toile.) espece de toiles de lin blanchi, qui se fabriquent à Louviers proche Roüen. Il y en a de fines, de moyennes, & de grosses. Elles sont appellées Guibert du nom de l’inventeur. Elles ont depuis 70 jusqu’à 75 aunes de longueur, & leur largeur de , de , ou de l’aune de Paris. On en fait des draps & des chemises.

GUIBRAI, (Fil de) Cirier, fil d’étoupe blanchi dont on fait la meche des cierges, de la bougie filée, & des flambeaux de poing. Voyez les articles Cire, Cirier, Cierge, Bougie.

GUICHET, ou VOLET, s. m. (Menuiserie.) c’est ce qui fermé sur les chassis à verre, des croisées pour empêcher le jour : on nomme aussi guichets les petites portes d’une grande porte cochere. Voyez les Planches de Menuiserie.

Guichet, (Hydraulique.) les guichets sont des ouvertures pratiquées dans les grandes portes & vannes des écluses, pour introduire l’eau dans les petits bassins appellés formes, pour faire sortir les vaisseaux qui y ont été radoubés & mis en état d’entreprendre de grandes routes : ces guichets se ferment avec de petites vannes qu’on leve & baisse à l’aide des crichs attachés sur l’entre-toise supérieure. (K)

GUICHETIER, s. m. (Jurisprud.) est un valet de geolier ou concierge des prisons, qui est préposé à


la garde des guichets ou portes de la geole, & qui a soin d’enfermer & de garder les prisonniers.

L’ordonnance de 1660, tit. xiij. contient plusieurs dispositions sur le devoir des guichetiers. (A)

GUIDAUX, GUIDELES, QUIRIATES, QUIDIATES, HAUTS ETALIERS, terme de Peche ; c’est une sorte de filet composé de mailles de diverses grandeurs ; il a la forme d’un sac de rets, ou d’une chausse d’apothicaire, à cette différence près, que le bout en est plus long, & qu’il finit en pointe émoussée.

Cette espece de chausse a en tout environ trois brasses & demie ou quatre brasses, le haut une brasse de plus que le bas ; ce qui donne une ouverture d’environ sept à huit piés de large.

Pour établir ce filet, on plante sur les fonds de fortes perches ou de petits poteaux de la longueur de neuf à dix piés ; ils sont enfoncés entre les roches ou dans le terrein d’environ deux piés ; ce qui les fait sortir d’environ sept à huit piés, pour soûtenir les pieux à l’ebbe & à la marée ; ils ont chacun deux étais frappés d’un bout sur la tête du pieux & de l’autre à un piquet convenablement éloigné. Ces pieux des bouts de la rangée sont en cone chacun, soûtenu par un étai, l’un dans l’eau, & l’autre vers la tête.

L’ouverture du sac est garnie d’une ralingue ou gros cordage au haut du pieu du côté de l’eau : il y a au cordage un tillet de fer & un de corde du côté de terre ; on distend cette ouverture tant par le haut que par le bas, qui est éloigné du terrein d’environ dix-huit pouces.

Ce filet ne peut pêcher que d’ebbe, l’ouverture étant de ce côté, ensorte que rien ne s’y prend de flot ; il y a quelques petites cordes qui tiennent l’ouverture en état. Après que les Pêcheurs ont nettoyé & vuidé le bout de leur guidau, ils le retroussent sur le haut des pieux ; la marée retournant le fait tomber en s’entonnant dedans ; il arrête toutes sortes de poissons en grande quantité, sur-tout du fretin si petit qu’à peine l’espece s’en peut-elle distinguer. Qu’on juge par-là du tort que ce filet fait en général à la Pêche.

On met sur une même ligne plusieurs de ces guidaux ; il y en a jusqu’à vingt, trente, & plus, ce qui forme ce que les Pêcheurs appellent des étaliers ; ils se réunissent ensemble pour cela. Voyez la disposition de ces guidaux dans nos Planches de Péche.

On se sert aussi de ce filet dans les rivieres ; on le place à une arche de pont dont on retrécit l’ouverture par un clayonnage : cette disposition differe peu de ce qu’on appelle gore ou gort.

Les basches ne sont autre chose que des guidaux à bas étaliers, c’est-à-dire dont l’ouverture est beaucoup plus petite ; les perches qui les soûtiennent n’ont que six piés de haut, & leur chausse n’a que deux brasses & demie à trois brasses au plus de long : on les établit pour pêcher au reflux, mais on peut s’en servir de flot ou d’ebbe.

La basche est encore une espece de bout de quievre ; il consiste en un sac de grosse toile formé en pointe, d’environ trois brasses de long & de deux de large : lorsqu’il est monté, les deux côtés sont arrêtées sur deux morceaux de bois que les Pêcheurs nomment canons ou colonnes. Ces canons ont trois piés & demi de haut ; on passe dans le milieu une traverse de deux brasses de long pour distendre le haut & le bas du sac, ensorte que cette charpente a la figure H : au haut & au bas de ces deux colonnes est frappé un moyen cordage de deux à trois brasses de long. Les Pêcheurs passent sur leurs épaules les cordages des colonnes, & traînent cet instrument derriere eux à un jusqu’à deux & trois piés d’eau ; il differe en ceci du boutteux ou bout de