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composées de petits festons, formés de bouquets d’une même grosseur, dont on fait des chûtes dans les ravalemens de pilastre, & dans les frises & panneaux de compartiment.

Guirlandes, dans la Marine, sont de grosses pieces de bois courbes, ou à fausse équerre, qu’on place à différentes hauteurs du vaisseau ; de façon qu’elles croisent à angle droit l’étrave & les alonges d’écubiers, étant solidement attachées à toutes ces pieces par des clous & des chevilles, qu’on frappe par le dehors du vaisseau ; de sorte qu’elles percent les bordages, les alonges d’écubiers, & toute l’épaisseur des guirlandes, & sont clavetées sur virole en-dedans. Voyez, Planche IV. de Marine, fig. 1. les guirlandes, cotées 36.

On en met ordinairement quatre ou cinq au fond de cale, depuis le bout de la carlingue jusqu’au premier pont, dont les bordages reposent dans une rablure pratiquée sur celle qui est la plus élevée. Entre le premier & le second pont on en met deux ; une immédiatement sous les écubiers, & l’autre sous le second pont, sur laquelle repose quelquefois le mât de beaupré, & aboutissent les bordages de ce pont. Voyez la figure citée ci-dessus.

La partie convexe des guirlandes se gabarie convenablement pour la place où on se propose de la mettre, c’est-à-dire qu’on lui fait prendre exactement la figure que le vaisseau a intérieurement en-avant, à la hauteur où doit être placée la guirlande ; ce qui fait que les branches des guirlandes font un angle d’autant plus ouvert, qu’elles sont plus élevées au-dessus de la quille, & que celles d’en-bas sont figurées presque comme les fourcats.

Il n’est pas nécessaire que la partie concave des guirlandes ait une forme réguliere ; les constructeurs laissent quelquefois à leur collet toute l’épaisseur que ces pieces peuvent porter. (Z)

GUISE, (Géog.) petite ville de France en Picardie dans la Thiérache, avec un fort château & titre de duché pairie. Elle est sur l’Oise, à 6 lieues N. O. de Saint-Quentin, 10 S. E. de Cambrai, 38 N. E. de Paris. Long. 21. 17. 22. lat. 49. 53. 47.

Billi, (Jacques de) un des savans françois du xvj. siecle, traduisit de grec en latin les ouvrages de S. Grégoire de Nazianze, de S. Isidore de Peluse, de S. Jean Damascene, &c. Il mourut en 1581, âgé de 47 ans. On ne doit pas le confondre avec Jacques de Billi jésuite, né dans le xvij. siecle. (D. J.)

GUISPON, s. m. (Marine.) c’est une espece de gros pinceau ou brosse fait de pennes de laine, dont on se sert à brayer ou à suifver les coutures & le fond d’un vaisseau. (Z)

GUITERNE, s. f. (Marine.) c’est une sorte d’arc-boutant qui tient les antennes d’une machine à mâter avec son mât.

GUITTARE, s. f. (Musique.) instrument à cordes de boyau, que l’on joue en pinçant ou en battant les cordes avec les doigts, & que l’on tient dans la même position que le luth, le théorbe, la mandore & autres de ce genre ; attitude qui a très-bonne grace, sur-tout dans les mains d’une femme.

Sa forme semble avoir été prise d’après celle d’une moitié de calebasse ou gourde, à laquelle est ajustée une table de pin, & un manche au bout de la partie supérieure du corps de l’instrument.

Il a dix touches distribuées par semi-tons ; elles sont ordinairement de même nature que les cordes, & doivent être extrèmement serrées autour du manche, à cause de leur mobilité.

Les cordes sont attachées à un chevalet, fixé sur la table de la partie inférieure, & sont supportées par un sillet au bout du manche, où elles sont arrêtées par des chevilles tournantes dessous le manche.

Il n’avoit d’abord que quatre cordes. Depuis on l’a mis à cinq doubles, dont les trois premieres sont à l’unisson, & les quatrieme & cinquieme à l’octave ; souvent même on ne souffre point de bourdon à la cinquieme, & dans ce cas on les met à l’unisson. On ne met aussi qu’une seule chanterelle, par la difficulté d’en trouver d’assez justes. Les différentes manieres de joüer de cet instrument, dont on parlera ci-après, décident de celle de le monter.

Son étendue est de deux octaves & demie, depuis le la jusqu’au mi.

On n’en peut guere déterminer l’origine. Nous le tenons des Espagnols, chez qui les Maures l’ont vraissemblablement apporté : c’est l’opinion commune en Espagne, qu’il est aussi ancien que la harpe. Soit respect pour cette opinion, soit plûtôt que le charme de la douce rêverie qu’il inspire, ait de l’analogie avec le caractere d’une nation tendre, galante, discrete & mélancolique ; soit enfin que le silence des belles nuits d’Espagne où l’on en fait le plus d’usage, soit plus favorable à son harmonie, il s’y est constamment établi, & y a acquis le droit d’instrument national. Il a eu le même succès chez les Portugais & les Italiens, & il étoit fort en vogue en France sous le regne de Louis XIV.

Le son de cet instrument est si doux, qu’il faut le plus grand silence pour sentir toutes les délicatesses d’un beau toucher. Dans un lieu bruyant, on n’entend souvent que le tac des doigts, le charme est totalement perdu.

Il est fait pour joüer seul, ou accompagner une voix sur des instrumens du même genre. Il ne réussiroit pas dans un concert ; aussi a-t-il fait place, ainsi que le luth & le théorbe, aux instrumens qui y sont propres, depuis que le goût s’en est aussi étendu qu’il l’est actuellement.

Quelques amateurs l’ont fait renaître, & ont en même tems réveillé notre goût pour nos vaudevilles, pastorales & brunettes, qui en acquerrent un nouvel agrément.

De la tablature. On se sert de lettres ou de chiffres pour noter les airs ou accompagnemens. Cette méthode, quoique ancienne, s’est conservée pour cet instrument par la commodité dont elle est pour la bonne grace de la main, l’arrangement des doigts, la beauté du son, l’harmonie, & la facilité dans l’exécution ; à-moins qu’on ne se propose de faire pour le moins autant d’étude de cet instrument, que du clavecin, il n’est guere possible de faire sur le champ le choix des positions de la main sans une grande habitude.

En France on se sert des onze premieres lettres de l’alphabet, depuis l’a jusqu’à l, sur chaque corde, pour les dix touches qui produisent onze semi-tons, à partir de la corde à vuide au sillet, c’est-à-dire sans mettre de doigt dessus, & qui se marque par un a ; la premiere touche par un 6, & les autres successivement.

On se sert encore d’autres signes pour les doigts des deux mains. Ceux de la main gauche, dont l’exécution se fait sur toute la partie du manche, sont les tirades , qui se font lorsque les doigts étant posés, il faut couler d’une note à l’autre en descendans ; les chûtes, lorsqu’il faut couler les notes en montant, ce qui se fait en laissant tomber les doigts sur la corde avec assez de force, pour que le seul tac du bout des doigts lui fasse produire le son ; les miaulemens ou plaintes * qui se font en appuyant & balançant le doigt sur la corde pour augmenter la durée du son ; les tremblemens ou cadences ) qui se font en battant avec le doigt plus ou moins vîte sur la corde, en empruntant un ton ou un semi-ton au-dessus de la note du chant ; les barres courbes ( pour avertir qu’il faut coucher le premier doigt sur toutes