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nale. Voyez Couronne septentrionale.

Luisante de la lyre, est une étoile brillante de la premiere grandeur dans la constellation de la lyre.

Il y a aussi dans la constellation de l’aigle une étoile brillante, appellée la luisante de l’aigle, &c. (O)

LUKAW, (Géog.) petite ville d’Allemagne, au cercle de haute Saxe dans l’Osterland, à 2 milles de Zeitz en Misnie, & à 4 de Leipsick. Long. 30. 4. latit. 51. 12.

LUL, (Bot. exot.) nom persan d’un arbre de la Perse & de l’Inde ; les Portugais l’appellent arbol de reyes, arbre des rois, & les François arbre des Banianes, parce que les Banianes se retirent dessous. Les descriptions que les voyageurs donnent de cet arbre, sont si pleines de fables & d’inepties, que je n’en connois aucune qui puisse nous instruire. Ajoutez-y les contradictions dont elles fourmillent. Les uns nous représentent cet arbre comme le liseron d’Amérique, jettant des rameaux sarmenteux sans feuilles qui s’allongent à terre, s’y insinuent, poussent des racines & deviennent de nouveaux troncs d’arbres, ensorte qu’un seul lul produit une forêt. D’autres nous le peignent comme le plus bel arbre du pays, qui ne trace ni ne jette des sarmens, qui est tout garni de feuilles semblables à celles du coignassier, mais beaucoup plus larges & plus longues, & donnant un fruit assez agréable au goût, de couleur incarnate tirant sur le noir. Qui croirois-je, de Tavernier ou de Pietro de la Vallée, sur la description de cet arbre ? Aucun des deux.

LULA ou LUHLA, (Géog.) ville de la Laponie, au bord du golfe de Bothnie, au nord de l’embouchure de la riviere dont elle porte le nom. Long. 40. 30. latit. 66. 30. (D. J.)

LULAF, s. m. (Antiq.) c’est ainsi que les Juifs nomment des guirlandes & des bouquets de myrthes, de saules, de palmes, &c. dont ils ornent leurs synagogues à la fête des tabernacles.

LUMACHELLE, marbre, (Hist. nat.) c’est ainsi que, d’après les Italiens, on nomme un marbre rempli d’un amas de petites coquilles ; il y en a de noir. Il s’en trouve de cette espece en Westphalie, au village de Belem, à environ une lieue d’Osnabruck. Mais le marbre lumachelle le plus connu est d’un gris de cendre, mêlé quelquefois d’une teinte de jaune, c’est celui que les Italiens nomment lumachella dorata antica, ou lumachella cinerea ; ils l’appellent aussi lumachella di trapani, & lumachellone antico. Il y a des carrieres de ce marbre en Italie ; il s’en trouve pareillement en Angleterre dans la province d’Oxford ; on dit que depuis peu l’on en a découvert une très-belle carriere en Champagne.

LUMB, s. m. (Hist. natur.) oiseau aquatique, qui se trouve sur les côtes de Spitzberg ; il a le bec long, mince, pointu & recourbé, comme le pigeon plongeur du même pays ; ses piés & ses ongles sont noirs, ainsi que les pattes qui sont courtes ; il est noirâtre sur le dos, & d’une blancheur admirable sous le ventre. Son cri est celui du corbeau ; cet oiseau se laisse tuer plutôt que de quitter ses petits qu’il couvre de ses aîles, en nageant sur les eaux. Les lumbs se rassemblent en troupes, & se retirent sur les montagnes.

LUMBIER, (Géog.) en latin Lumbaria, & le peuple Lumberitani, dans Pline, l. III. c. iij. ancienne petite ville d’Espagne, dans la haute Navarre, sur la riviere d’Irato, près de Langueça. Long. 16. 36. lat. 42. 30. (D. J.)

LUMBO-DORSAL, en Anatomie, nom d’un muscle appellé sacro-lombaire. Voyez Sacro-Lombaire.

LUMBON, (Hist. nat.) arbre qui croît dans les îles Philippines. Il produit des especes de petites noix dont l’écorce est très-dure, mais le dedans est


indigeste ; on en tire une huile, qui sert au lieu de suif pour espalmer les vaisseaux.

LUMBRICAUX, (Anat.) on nomme ainsi quatre muscles de la main, & autant du pié. Le mot est formé du latin lumbricus, ver, parce que ces muscles ressemblent à des vers par leur figure & leur petitesse. C’est pourquoi on les nomme aussi vermiculaires.

Les lumbricaux de la main sont des muscles, que l’on regarde communément comme de simples productions des tendons du muscle profond. Ils se terminent au côté interne du premier os de chacun des quatre derniers doigts. Quelquefois leur tendon se confond avec ceux des interosseux.

Les lumbricaux du pié sont des muscles qui viennent, comme ceux de la main, chacun d’un des tendons du profond, & qui se terminent au côté interne de la premiere phalange des quatre derniers orteils, & quelquefois se confondent avec les tendons des interosseux.

LUME, s. f. terme de grosses forges, voyez cet article.

LUMIERE, s. f. (Optiq.) est la sensation que la vûe des corps lumineux apporte ou fait éprouver à l’ame, ou bien la propriété des corps qui les rend propres à exciter en nous cette sensation. Voyez Sensation.

Aristote explique la nature de la lumiere, en supposant qu’il y a des corps transparens par eux-mêmes, par exemple, l’air, l’eau, la glace, &c. c’est-à dire des corps qui ont la propriété de rendre visibles ceux qui sont derriere eux ; mais comme dans la nuit nous ne voyons rien à-travers de ces corps, il ajoute qu’ils ne sont transparens que potentiellement ou en puissance, & que dans le jour ils le deviennent réellement & actuellement ; & d’autant qu’il n’y a que la présence de la lumiere qui puisse réduire cette puissance en acte, il définit par cette raison la lumiere l’acte du corps transparent considéré comme tel. Il ajoute que la lumiere n’est point le feu ni aucune autre chose corporelle qui rayonne du corps lumineux, & se transmet à-travers le corps transparent, mais la seule présence ou application du feu, ou de quelqu’autre corps lumineux, au corps transparent.

Voilà le sentiment d’Aristote sur la lumiere ; sentiment que ses sectateurs ont mal compris, & au lieu duquel il lui en ont donné un autre très-différent, imaginant que la lumiere & les couleurs étoient de vraies qualités des corps lumineux & colorés, semblables à tous égards aux sensations qu’elles excitent en nous, & ajoutant que les objets lumineux & colorés ne pouvoient produire des sensations en nous, qu’ils n’eussent en eux-mêmes quelque chose de semblable, puisque nihil dat quod in se non habet. Voyez Qualité.

Mais le sophisme est évident : car nous sentons qu’une aiguille qui nous pique nous fait du mal, & personne n’imaginera que ce mal est dans l’aiguille. Au reste on se convaincra encore plus évidemment au moyen d’un prisme de verre, qu’il n’y a aucune ressemblance nécessaire entre les qualités des objets, & les sensations qu’ils produisent. Ce prisme nous représente le bleu, le jaune, le rouge, & d’autres couleurs très-vives, sans qu’on puisse dire néanmoins qu’il y ait en lui rien de semblable à ces sensations.

Les Cartésiens ont approfondi cette idée. Ils avouent que la lumiere telle qu’elle existe dans les corps lumineux, n’est autre chose que la puissance ou faculté d’exciter en nous une sensation de clarté très-vive ; ils ajoutent que ce qui est requis pour la perception de la lumiere, c’est que nous soyons formés de façon à pouvoir recevoir ces sensations ;