Page:Diogène Laërce - Vies - tome 2.djvu/106

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Mais pour dire encore en détail ce qui touche leur science introductrice, nous rapporterons mot à mot ce qu’en dit Dioclès de Magnésie dans sa Narration sur les Philosophes.

Les Stoïciens traitent premièrement de ce qui regarde l’entendement et les sens, en tant que le moyen, par lequel on parvient à connaître la vérité des choses, est originairement l’imagination, et en tant que l’acquiescement ; la compréhension et l’intelligence des choses, qui va devant tout le reste, ne peuvent se faire sans l’opération de cette faculté. C’est elle qui précède ; ensuite vient l’entendement, dont la fonction est d’exprimer par le discours les idées qu’il reçoit de l’imagination.

Au reste elle diffère d’une impression fantastique. Celle-ci n’est qu’une opinion de l’esprit comme sont les idées qu’on a dans le sommeil ; au-lieu que l’autre est une impression dans l’âme, qui emporte un changement, comme l’établit Chrysippe dans son douzième livre de l'Âme : car il ne faut point considérer cette impression comme si elle ressemblait à celle que fait un cachet, parce qu’il est impossible qu’il se fasse plusieurs impressions par une même chose sur le même sujet. On entend par imagination, celle produite par un objet existant, imprimée et scellée dans l’âme de la manière dont il existe ; or telle n’est pas l’imagination qui naîtrait d’un objet non-existant.