Page:Diogène Laërce - Vies - tome 2.djvu/207

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Crotone en Italie, où il donna des Loix aux Italiotes[1]. Il se chargea du maniment des affaires publiques, qu’il administra conjointement avec ses disciples, qui étoient au nombre de trois cens ou à peu près ; mais avec tant de sagesse, qu’on pouvait avec justice regarder leur gouvernement comme une véritable Aristocratie.

Héraclide du Pont rapporte que Pythagore disait ordinairement qu’autrefois il fut AEthalide, & qu’on le crut fils de Mercure ; que Mercure lui aiant promis de lui accorder la grace qu’il souhaiteroit hormis celle d’être immortal, il lui demanda le don de conserver la mémoire de tout ce qui lui arriverait pendant sa vie & après sa mort ; qu’effectivement il se rappelloit toutes les choses qui s’étoient passées pendant son séjour sur la terre, & qu’il se réservoit ce don de souvenir pour l’autre monde ; que quelque tems après l’octroi de cette faveur, il anima le corps d’Euphorbe, lequel publia qu’un jour il devint AEthalide ; qu’il obtint de Mercure que son ame voltigeroit perpétuellement de côté & d’autre ; qu’elle s’insinueroit dnas tels arbres ou animaux qu’il lui plairoit ; qu’elle avoit éprouvé tous les tourmens qu’on endure aux Enfers, & les supplices des autres ames détenues dans ce lieu. A

  1. Habitans des pays qu’on appellait la Grande Grece.