Page:Diogène Laërce - Vies - tome 2.djvu/273

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fait par un destin, & que tour s’arrange & s’unit par les changements des contraires ; que toutes les parties du monde sont pleines d’esprits & de Démons. Il a parlé aussi des divers changements qui se remarquent dans les mouvements de la nature. Il croyait de plus que la grandeur du soleil est telle qu’elle paraît ; que la nature de l’âme est une chose si profonde, qu’on n’en peut rien définir, quelque route qu’on suive pour parvenir à la connaître. Il disait que l’opinion de soi-même est une maladie sacrée, & la vue, une chose trompeuse. Quelquefois il s’énonce d’une manière claire & intelligible ; de sorte que les esprits les plus lents peuvent l’entendre, & que ce qu’il dit pénètre jusque dans le fond de l’âme. Il est incomparable pour la brièveté & pour la force avec laquelle il s’explique ; mais exposons ses sentiments plus en détail.

Suivant ce philosophe, le feu est un élément, & c’est de ses divers changements que naissent toutes choses, selon qu’il est plus raréfié, ou plus dense. Il s’en tient là, & n’explique rien ouvertement. Il croit que tout se fait par l’opposition qu’une chose a avec l’autre, & compare le cours de la nature à celui d’un fleuve. Il suppose que l’univers finit, & n’admet qu’un seul monde, qui, comme il est produit par le feu, se dissout aussi par cet élément au bout de certaines périodes ; & cela, en vertu d’une destinée. Il