Page:Diogène Laërce - Vies - tome 2.djvu/418

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


douleur. Il évitera d'avoir commerce avec toute femme, dont l'uſage eſt prohibé par les Loix, ſelon ce qu'en dit Diogene dans ſon Abrégé des Préceptes Moraux d'Epicure.

Il ne ſera point aſſes cruel pour accabler ſes eſclaves de grands tourmens; loin de-là, il aura pitié de leur condition, & pardonnera volontiers à quiconque mérite de l'indulgence en conſidération de ſa probité. Il ſera inſenſible aux aiguillons de l'amour, lequel, dit Diogene Liv. XIL n'eſt point envoyé du ciel ſur la terre. Les plaiſirs de cette paſſion ne fuſent jamais utiles; au contraire on eſt trop heureux lorsqu'ils n'entrainent point après eux des ſuites qu'on auroit ſujet de déplorer. Le Sage ne s'embarraſſera nullement de ſa ſépulture & ne s'appliquera point à l'Art de bien dire. Il pourra, au ſentiment d'Epicure dans ſes Doutes & dans ſes livres de la Nature, ſe marier & procréer des enfans par conſolation de ſe voir renaître dans ſa poſtérité. Néanmoins il arrive dans la vie des circonſtances qui peuvent diſpenſer le Sage d'un pareil engagement, & lui en inſpirer le dégoût. Epicure dans ſon Banquet, lui défend de conſerver la rancune dans l'excès du vin, & dans ſon premier livre de la Conduite de la Vie, il lui donne l'excluſion en ce qui regarde le maniment des affaires de la République. Il n'aſpirera point à la Tyrannie, il n'imitera pas les