Page:Diogène Laërce - Vies - tome 2.djvu/49

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


venir à bout de tout. Il concluait de là que si, renonçant aux travaux inutiles, on s’applique à ceux qui sont selon la nature, on vivra heureusement ; et qu’au contraire le manque de jugement rend malheureux. Il disait même que si on s’accoutume à mépriser les voluptés, on trouvera ce sentiment très agréable, et que comme ceux, qui ont prit l’habitude des voluptés, s’en passent difficilement ; de même si on s’exerce à mener un vie contraire, on prendra plaisir à les mépriser. C’étaient-là les principes qu’il enseignait, et qu’il pratiquait en même temps, remplissant ainsi l’esprit du mot Change la monnaie[1], parce que par cette manière de vivre il savait moins la coutume que la nature. Il donnait pour caractère général de sa vie, qu’elle ressemblait à celle d’Hercule en ce qu’il préférait la liberté à tout. Il disait que les Sages ont toutes chose communes, et se servait de ces raisonnements : Toutes choses appartiennent aux Dieux. Les Sages sont amis des Dieux. Les amis ont toutes choses communes : ainsi toutes choses sont pour les Sages. Il prouvait d’une manière semblable que la Société ne peut être gouvernée sans lois. Il ne sert de rien d’être civilisé, si l’on n’est dans une ville. La Société d’une ville consiste en cela même qu’on soit civilisé. Une ville

  1. C’est-à dire, Ne suis pas l’esprit de la multitude. Tome II.