Page:Diogène Laërce - Vies - tome 2.djvu/91

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sous lequel il s’appliqua à la Dialectique. Quoiqu’il y eût déjà fait de grands progrès, il ne laissait pas, pour dompter son amour propre, de courir aux instructions de Polémon. On raconte qu’à cette occasion celui-ci lui dit : ,,En vain, Zénon, vous vous cachez ; nous savons que vous vous glissez ici par les portes de notre jardin pour dérober nos Dogmes, que vous habillez ensuite à la Phénicienne [1]''. Un dialecticien lui montra sept idées de Dialectique dans un Syllogisme, appellé mesurant [2]. Il lui demanda ce qu’il en voulait, et l’autre en ayant exigé cent drachmes, il en paya cent de plus, tant il était curieux de s’instruire.

On prétend qu’il est le premier qui employa le mot de devoir, et qu’il en fit un Traité. Il changea aussi deux vers d’Hérode de cette manière : Il faut approuver celui, qui s’instruit, de ce qu’il entend dire de bon, et plaindre celui qui veut tout apprendre par lui-même [3]. Il croyait en effet que tel, qui prêtait attention à ce que l’on disait, et savait en profiter, était plus louable que tel autre qui devait toutes ses idées à ses propres méditations, parce que celui-ci ne faisait paraître que de

  1. Diodore était de la Secte Mégarique. Ces Philosophes enseignaient dans un jardin. ’Ménage.
  2. C’est le nom d’une espèce de Syllogisme. Les Anciens appelaient leurs Syllogismes de divers noms.
  3. Hérode avait dit tout le contraire.