Page:Dire de l'abbé Sieyès sur la question du Veto royal, à la séance du 7 septembre 1789.djvu/13

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Municipalités ou dans les Bailliages, & qu’elle ne faſſe que ſe répéter dans l’Aſſemblée générale ; on voit, dis-je, que le veto ſuſpenſif, ou plutôt l’appel au Peuple, à quoi nous ſemblons aujourd’hui vouloir réduire le droit d’empêcher, prend un tout autre caractère : de même, s’il ne faut qu’énoncer un vœu déjà formé par le Peuple dans les Bailliages ou dans les Municipalités, qu’eſt-il néceſſaire, pour un énoncé qui ne peut pas varier, de former deux ou trois Chambres ? Qu’eſt-il néceſſaire de les rendre permanentes ? Des Porteurs de votes, ou bien, en ſe ſervant d’une expreſſion déjà connue, des Courriers politiques n’ont pas beſoin d’être permanens.

Il faut donc convenir que le ſyſtême de repréſentation, & les droits que vous voulez y attacher dans tous ſes degrés, doivent être déterminés avant de rien ſtatuer ſur la diviſion du Corps légiſlatif & ſur l’appel au Peuple, de vos déciſions.

Les Peuples Européens modernes reſſemblent bien peu aux Peuples anciens. Il ne s’agit parmi nous que de Commerce, d’Agriculture, de Fabriques, &c. Le deſir des richeſſes ſemble ne faire de tous les états de l’Europe que de vaſtes Ateliers : on y ſonge bien plus à la conſommation & à la production qu’au bonheur. Auſſi les ſyſtêmes politiques, aujourd’hui, ſont excluſivement fondés ſur le travail ; les facultés productives de l’homme ſont tout ;