Page:Dodge Stahl - Les Patins d argent.djvu/12

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tomber un insouciant : « Venez-vous, Gretel ? » Il glissa légèrement à travers le canal.

« Hans ! Hans ! lui cria sa sœur d’un ton plaintif, je n’en viendrai jamais à bout ; mon pied me fait encore trop mal. Vous savez que les cordons m’ont blessée à la cheville, le dernier jour de marché, et je ne puis les endurer attachés à la même place.

— Nouez-les un peu plus haut, répondit Hans qui continua à patiner sans la regarder.

— Mais je ne peux pas ; pour être noué plus haut, le cordon est trop court. »

Le frère fit entendre un coup de sifflet tout hollandais qui n’exprimait aucune mauvaise humeur, mais qui voulait dire :

« Que les filles sont donc ennuyeuses ! »

Il revint pourtant vers sa sœur :

« Êtes-vous sotte, Gretel ? lui dit-il, de porter des souliers de cette espèce, quand vous en avez une bonne paire de cuir tout neufs à la maison ! Autant vaudraient vos sabots.

— Comment ! Hans, vous oubliez donc que le père a jeté dans le feu mes beaux souliers neufs. Ne les avez-vous pas vus tout recroquevillés au milieu de la tourbe rouge, avant que j’aie pu les en retirer. Je puis encore patiner avec ceux-ci, mais avec mes sabots je ne le pourrais pas. Prenez garde à ma cheville, Hans. »

Hans avait tiré un cordon de sa poche. Il s’agenouilla devant sa sœur et, tout en fredonnant un refrain monotone, sa main solide se mit en devoir d’attacher le patin de Gretel.

« Aïe ! aïe ! cria-t-elle, car il la faisait réellement souffrir, ne serrez pas si fort ! »

Hans desserra le cordon avec un mouvement d’impatience ; il l’eût même détaché tout à fait et jeté au loin,