Page:Dodge Stahl - Les Patins d argent.djvu/42

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.



— Oh, non ! fit Hilda en riant et secouant son embarras, je voulais seulement vous parler de la course qui doit avoir lieu le 20, pour le jour anniversaire de la naissance de ma mère. J’espère que vous allez concourir ? Vous patinez bien tous les deux, et la compétition est libre ; tout le monde peut se présenter pour gagner le prix. »

Gretel regarda Hans qui, touchant son bonnet, répondit respectueusement :

« Ah ! mademoiselle, même si nous avions la permission de concourir, nous ne pourrions faire que quelques glissades. Nos patins, comme vous voyez, ajouta-t-il en levant le pied pour en montrer le dessous, nos patins sont de bois dur, mais l’humidité a bientôt fait de les amollir ; alors ils ne glissent plus, et parfois même nous jettent par terre. »

Les yeux de Gretel brillèrent de malice en pensant à l’accident arrivé le matin à Hans ; mais elle rougit et balbutia timidement :

« Oh non ! nous ne pouvons pas nous joindre aux concurrents ; mais nous pourrions venir là pour voir la course, n’est-ce pas, mademoiselle ?

— Certainement, » répondit Hilda, regardant avec bonté ces deux figures sérieuses, et regrettant du fond du cœur d’avoir dépensé presque tout l’argent de son mois en dentelles et autres objets de toilette. Elle ne possédait plus que huit kwartjes. C’était tout au plus le prix d’une paire de patins ordinaires.

Elle porta les yeux en rougissant sur les deux paires de pieds de différentes grandeurs qui se tenaient devant elle, et demanda :

« Lequel de vous deux est le meilleur patineur ?

— Gretel, répliqua Hans vivement.

— Hans, » avait dit Gretel en même temps.

Hilda sourit.