Page:Dodge Stahl - Les Patins d argent.djvu/67

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vous le reste de mes jours, si vous voulez seulement essayer de guérir mon père ! »

Qu’avait donc le vieux docteur ? Une lueur semblable à un rayon de soleil éclairait sa figure ; ses yeux étaient humides et exprimaient la bonté ; la main qui un instant auparavant serrait la canne comme pour frapper, était maintenant posée doucement sur l’épaule de Hans.

« Mettez votre argent dans votre poche, mon garçon, lui dit-il, je n’en veux pas. Nous irons voir votre père. C’est un cas désespéré, j’en ai peur. Combien dites-vous qu’il y a d’années qu’il est dans cet état ?

— Dix ans, mynheer, répondit Hans en sanglotant, quoiqu’il sentît son cœur inondé d’une espérance soudaine.

— Dix ans, c’est beaucoup, c’est trop, mais c’est égal ; écoutez : je pars aujourd’hui pour Leyde, je ne reviendrai que dans huit jours, comptez sur moi pour cette époque. Où demeurez-vous ?

— À un mille sud de Broek, mynheer, près du canal. Ce n’est qu’une pauvre cabane démantelée ; le premier enfant venu vous l’indiquera là-bas, mynheer, ajouta Hans avec un soupir. Ils ont tous un peu peur de la chaumière ; ils l’appellent, hélas ! tous l’appellent la maison de l’idiot !

— Cela suffit, dit le docteur en s’éloignant et en jetant à Hans un bon regard d’adieu. Je serai chez vous dans huit jours, mon enfant. Un cas désespéré, murmura-t-il, mais le garçon me plaît ; ses yeux ressemblent à ceux de mon pauvre Laurens. Le ciel confonde le jeune misérable ! Je ne pourrai donc jamais l’oublier ? »

Et prenant un air plus sombre et plus menaçant que jamais, le docteur poursuivit solitairement son chemin.

Hans avait aussi remis ses patins de bois en mouvement,