Page:Doin - Trois pièces comiques propres à être jouées dans les collèges, maisons d'éducation, 1871.djvu/59

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Lucas

Et aujourd’hui, tu vas encore vendre des œufs, du beurre, ça te fera de plus des beaux petits écus tout neufs, hein ?


Denise (le menaçant en riant, de son doigt).

Tu ris d’moi, Lucas ?


Bastien

Bath ! bath ! laisse-le donc, tu sais bien qu’il n’aime qu’à rire !… Ce que tu fais est bien Denise et Dieu te bénira.


Denise

Merci, Bastien… Mais-dites moi, petits frères, êtes-vous bien assurés de réussir dans votre chasse.


Lucas

Réussir ! Oh ! oui, crois le bien, tiens ! (il lui montre son fusil) tiens, regarde, ce camarade. Quand il va cracher à la figure de papa l’ours, il n’aura plus envie de renifler ni de venir dévorer les moutons dans les fermes !… D’ailleurs, mes bons amis, ne craignons rien, marchons à notre but et tant que nous serons sur le sol hospitalier, le beau Canada, nous ne périrons jamais !


Bastien

Bravo ! Bravo ! Lucas ! J’aime à l’entendre parler ainsi ; oui, tu as raison, notre bon père est étranger, il est venu se fixer dans ce pays, la fortune ne lui a pas été favorable ; à nous de faire ce que nous pourrons. Mais, patience ! courage ! le bonheur n’est pas loin, à nous l’avenir !


Denise

Allons, je pars pour le village et aussitôt que j’aurai tout vendu, je reviendrai vous rejoindre, car il me tarde de vous revoir. Adieu Bastien, adieu Lucas, bonne chance, bonne chasse.

(Elle sort).