Page:Dolomieu - Mémoire sur les tremblemens de terre de la Calabre.djvu/68

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la Calabre, des phénoménes arrivés pendant les tremblemens de terre. La plaine qui étoit ſurement la partie la plus mince de la voute eſt celle qui a cedé le plus aiſément. La Ville de Meſſine, batie ſur une plage baſse, a reçu un ébranlement que n’ont point reſſenti les édifices batis ſur les hauteurs. La force mouvante ceſſoit auſſi ſubitement, qu’elle agiſſoit violemment & tout-a-coup. Lorſqu’aux époques du 7. Fevrier & du 28. Mars, le foyer parut changé, la plaine ne ſouffrit preſque point. Le bruit ſouterrain, qui précéda & accompagna les ſecouſſes, parut toujours venir du Sud-Oueſt dans la direction de Meſſine. Il étoit ſemblable a un tonnere ſouterrain qui auroit retenti ſous des voûtes. Âinſi ſans avoir de preuves directes a donner de ma theorie, elle me paroit convenir a toutes les circonſtances, & elle explique ſimplement & naturellement tous les phénoménes.

Si donc l’ethna a été, comme je viens de le dire, la cauſe occaſionelle des tremblemens de terre, je puis dire auſſi qu’il préparait depuis quelque tems les malheurs de la Calabre, en ouvrant peu-a-peu un paſſage, le long de la coſte de Sicile, aux pieds des monts Neptuniens. Car pendant les tremblemens de terre de 1780, qui inquieterent Meſſine pendant tout l’été, on éprouva tout le long de cette coſte, depuis Taormina juſqu’a Phar des ſecouſſes aſſez ſortes. Mais auprès du village d’Alli & aupres du fiume di nisi, qui ſe trouvent a peu pres au milieu de cette ligne, on reſſentit des ſoubreſauts aſſez violents pour ſaire craindre qu’il ne s’y ouvrit une bouche de volcan. Chaque ſecouſſe
reſsem-