Page:Donop - Commandement et obeissance, 2e edition 1909.djvu/93

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On en est arrivé à tirer gloire du zèle qu’on a déployé, en se ruant dans la servitude.

Il y a quelque temps, un général présentant son corps d’officiers à un ministre en déplacement dominical, crut devoir féliciter ses officiers du zèle dont ils avaient donné la preuve, au cours de la campagne des inventaires.

On aimerait à croire que les félicitations avaient pour but de montrer au ministre jusqu’à quel point ses subordonnés pouvaient pousser le dévouement ; mais non, ils avaient marché, de bon cœur, puisque le général ajouta que la France et la République étaient unies, dans leur cœur, d’un lien indissoluble !

En quoi il eut tort, le général.

Il n’aurait pas dû, en effet, oublier que rien n’est indissoluble désormais, par ce temps de divorce aggravé, et que, depuis le jour où il a plu à la France de répudier les traditions séculaires de son histoire, les officiers n’ont jamais confondu la France et son gouvernement. S’ils ont toujours servi tous les gouvernements divers avec dévouement et vaillance, comme ce général le fit, à l’égard de celui de Napoléon III, ils n’ont jamais oublié que ce qu’ils servaient, ce n’était pas une forme politique abstraite et variable, mais une réalité qui ne varie pas, qui subsiste, immuable, et