Page:Dottin - La religion des Celtes.djvu/21

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hisseur, qui portent l’épithète de goborchind « à tête de chèvre »[1].

Sur l’autel de Trèves est figuré un bûcheron abattant un arbre. Sur les branches de cet arbre sont perchées trois grues et on aperçoit dans le feuillage une tête de taureau. C’est évidemment une représentation abrégée du mythe représenté sur deux faces de l’autel de Paris. M. S. Reinach a comparé les deux autels et démontré que Tarvos Trigaranus et Esus appartenaient à la même scène[2]. L’interprétation de cette scène présente de grandes difficultés. M. d’Arbois de Jubainville[3] a eu l’ingénieuse idée d’en chercher la survivance dans deux épisodes de la principale épopée du cycle d’Ulster, l’Enlèvement des vaches de Cualngé. Dans l’un de ces épisodes, Cûchulainn, le champion d’Ulster, abat des arbres pour retarder la marche de l’armée ennemie. Dans un autre épisode, la fée Morrigu, sous la forme d’un oiseau, conseille la fuite au taureau Donn. Il y aurait là la mise en action d’une ancienne tradition celtique dont l’écho serait venu jusqu’en Irlande. Le nom d’homme gaulois Donnotaurus qui semble bien signifier « taureau Donn » est encore une preuve de la communauté des légendes entre les Gaulois et les Irlandais. Mais la légende irlandaise ne saurait nous renseigner sur la signification primitive du mythe du bûcheron et du taureau aux trois grues.

L’autel de Sarrebourg étudié récemment par M. Salomon Reinach[4] représente un personnage debout, tenant de la main gauche un maillet à longue hampe et de la main droite un vase. A sa droite est une femme de même grandeur, complètement drapée, tenant de la main

  1. H. d’Arbois de Jubainville, Cours de littérature celtique, t. II, p. 95.
  2. Revue celtique, t. XVIII, p. 253-266.
  3. Revue celtique, t. XIX, p. 245-250.
  4. Revue celtique, t. XVII, p. 45 et suiv.