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LA NOUVELLE CHRONIQUE

désordre, et passa la main à son menton, qui attendait le rasoir quotidien.

— Vous avez raison, monsieur Holmes. J’ai eu bien autre chose à faire que ma toilette. Je n’étais que trop pressé de quitter une pareille maison. J’ai dû courir aux renseignements avant de venir à vous. Je suis allé chez les agents du propriétaire, on m’a dit que la location de M. Garcia était payée et que tout était en règle à Wisteria Lodge.

— Voyons, voyons, monsieur ! dit Holmes en riant, vous êtes comme mon ami le docteur Watson, qui a la détestable manie de toujours prendre ses histoires sens devant derrière. Veuillez ordonner vos idées et me faire connaître dans leur suite logique les événements qui vous amènent ici, non coiffé, non rasé, en bottines vernies et le gilet de travers, pour me demander conseil et assistance.

Notre client vérifia d’un œil attristé ces signes d’une négligence si contraire aux usages.

— Je suis sûr, monsieur Holmes, qu’il se passe quelque chose de très fâcheux, et tel que dans ma vie il ne m’est rien arrivé de semblable. Quand je vous aurai tout dit, vous conviendrez, j’espère, que c’est de quoi m’excuser.

Mais il n’eut pas le temps d’entamer son récit. Un tumulte se fit au dehors. Mrs. Hudson ouvrit la porte, et nous vîmes entrer deux individus robustes, d’allures officielles, dont nous connaissions l’un, qui était l’inspecteur Gregson, de Scotland Yard, homme énergique, brave et, dans une certaine mesure, capable. Gregson, ayant serré la main d’Holmes, présenta son camarade, l’inspecteur Baynes, des constables du Surrey.

— Nous sommes tous les deux en chasse, monsieur Holmes, dit-il, et la piste que nous suivons nous a conduits de votre côté.