Page:Doyle - Les Aventures de Sherlock Holmes.djvu/36

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— Irrité ! vous le seriez tout autant si vous étiez embêté comme moi. Quand j’achète une denrée avec de bon argent comptant, il ne devrait plus en être question. Mais ce ne sont plus que : « Où sont les oies ? à qui avez-vous vendu vos oies ? et que valent vos oies ? » Le public est si occupé de ces oies qu’on croirait, ma parole, qu’il n’en existe pas d’autres au monde.

— Eh bien ! moi je n’ai aucune relation avec les gens qui ont pu faire une enquête, dit Holmes avec indifférence. Si vous ne voulez pas me répondre, le pari est manqué. Mais je suis toujours prêt à soutenir mon opinion en matière de volailles et j’ai parié cinq francs que cette oie avait été élevée à la campagne.

— Eh bien ! monsieur, vous avez perdu votre pari, car elle a été élevée à la ville, dit notre marchand d’un ton bourru.

— Je n’en crois pas un mot.

— Vous avez tort.

— Vous ne me convaincrez pas.

— Croyez-vous donc que vous en sachiez plus long que moi sur un commerce que je fais depuis mon enfance ? Je vous dis que les oies vendues à l’Alpha ont été élevées à la ville.

— Vous ne me persuaderez jamais.

— Voulez-vous parier alors ?

— C’est vous prendre votre argent dans votre