Page:Du Camp - Paris, tome 1.djvu/105

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montoire d’Hermès, le mont Athos, le Maciste, sur le Messape, sur le Cithéron, l’Égiplanète, et enfin sur le mont Arachné : « C’est de là qu’on a transmis au palais des Atrides cette lumière dont le feu de l’Ida fut l’aïeul éloigné. »

La quantité de mots relatifs aux signaux contenus dans la langue grecque prouve, sans autres recherches, que les Hellènes ont connu les moyens de communication à longue distance. Les Gaulois les ont pratiqués et y ont même ajouté une sorte de téléphonie primitive dont parle César. « Toutes les fois qu’il arrive quelque événement remarquable, ils l’annoncent aux campagnes et aux contrées voisines par des cris qui se transmettent de proche en proche. Ainsi ce qui s’est passé à Genabe au lever du soleil fut connu des Arvernes avant la fin de la première veille, à une distance de cent soixante milles[1] » (cinquante-cinq lieues). Végèce va plus loin, et il indique dans des termes qu’il faut citer une sorte de télégraphe dont les Gaulois faisaient usage : Aliquanti in castellorum aut urbium turribus appendunt trabes quibus aliquando erectis, aliquando depositis, indicant quœ geruntur[2]. Voici donc des poutres mobiles, placées sur de hauts lieux, hissées ou abaissées selon les nouvelles que l’on veut signaler. Si ce n’est là le télégraphe, c’en est du moins le germe. Du reste, il faut admettre que tous les peuples, si ignorants qu’ils soient, ont eu des moyens de correspondance d’une rapidité extrême. Il n’est pas douteux aujourd’hui que la prise d’Alger (14 juillet 1850) ait été connue le 17 du même mois à Bagdad.

Cependant cet art d’écrire de loin, si perfectionné qu’il ait pu être dans les temps anciens, était encore embryonnaire, car les signaux dont je viens de parler ra-

  1. De Bello Gallico, ch. vii, § 3.
  2. Rei mil. inst., lib. III, § 50.