Page:Du Camp - Paris, tome 5.djvu/283

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bon entretien « des chandelles, dont plusieurs ne brûlent pas à cause de leur mauvaise qualité ».

On a, sur la disposition des lanternes dans les rues, le témoignage précieux d’un contemporain. Le docteur Martin Lister, qui vint à Paris en 1698, a écrit dans la relation de son voyage : « Les rues sont éclairées tout l’hiver, aussi bien quand il fait clair de lune que pendant le reste du mois, et je le remarque surtout à cause du sot usage où l’on est à Londres d’éteindre les réverbères[1] durant la moitié du mois, comme si la lune était bien sûre de briller assez pour éclairer les rues, et qu’il fût sans exemple de voir en hiver le ciel nébuleux. Les lanternes sont suspendues ici au beau milieu des rues, à vingt pieds en l’air et à une vingtaine de pas de distance. Elles sont garnies de verres d’environ deux pieds en carré, recouvertes d’une large plaque de tôle, et la corde qui les soutient passe par un tube de fer fermant à clef et noyé dans le mur de la maison la plus voisine. Dans les lanternes sont des chandelles de quatre à la livre, qui durent jusqu’après minuit. Ceux qui les briseraient seraient passibles des galères ; trois jeunes gens de bonne maison qui par plaisanterie s’étaient amusés à en casser récemment, furent mis en prison et ne furent relâchés au bout de plusieurs mois que grâce à la sollicitation des bons amis qu’ils avaient à la cour. »

À la fin du dix-septième siècle, Paris était éclairé par 6 500 lanternes, qui consommaient 1 625 livres de chandelles par nuit. Toutes les lanternes étaient marquées d’un coq, emblème de vigilance ; à la nuit tombante, un homme passait par les rues, agitant une sonnette ; à ce signal, les bourgeois étaient tenus de lâcher la corde fixée au mur de leur maison, de descendre

  1. Je laisse le mot réverbère, qui a été employé par le traducteur ; il me parait inexact, car les réverbères n’ont été inventés qu’en 1745.