Page:Du Camp - Paris, tome 5.djvu/389

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d’argent, comme les hauts dais et le lit où devoit reposer le roi, aussi d’or et d’argent. Sa Majesté se mit à table, où, pendant son dîner, mes dits sieurs de la ville furent autour de la dite table pour entretenir sa dite Majesté, pendant lequel temps les seigneurs qui étoient à la suite de sa dite Majesté, se mirent aussi à table dans une autre salle à part, où ils étoient plus de quatre-vingts ou cent seigneurs à table, le tout aux frais et dépens de la dite ville ; et ayant sa dite Majesté dîné, alla prendre son plaisir de la chasse dans le parc du château de Cachant, où étant pris congé par mes dits sieurs les prévôt des marchands et échevins, sa dite Majesté les remercia, et leur demanda quand l’on feroit l’assiette de la première pierre, qu’elle entendoit et désiroit y être présente ; à quoi mes dits sieurs de la ville firent réponse que c’étoit trop d’honneur qu’elle recevoit de sa dite Majesté ; et ayant fait appeler les ouvriers et entrepreneurs des dites fontaines pour savoir en quel temps on commenceroit à poser la première pierre du grand regard, lesquels firent réponse qu’ils étoient prêts quand il plairoit à sa dite Majesté, et au plus tard dans cinq ou six jours, afin de ne retarder leur besogne ; et lors mes dits sieurs les prévôt des marchands et échevins prirent de rechef congé de sa dite Majesté, pour s’en revenir en cette dite ville, où étant, attendu que la dite Majesté désiroit mettre la première pierre aux dites fontaines, firent aussitôt faire de grandes médailles d’or et d’argent, pour mettre et poser sous la dite première pierre, où sa dite Majesté étoit représentée d’un côté, et de l’autre côté la reine régente, sa mère, sur un arc en ciel signifiant sa régence. Et le lundi, quinzième du dit mois de juillet mil six cent treize, mes dits sieurs les prévôt des marchands et échevins furent encore avertis par mon dit sieur le gouverneur, que le roi et la reine régente, sa mère, désiraient aller aux dites fontaines de Rungis, pour asseoir la première pierre le mercredi ensuivant, à ce que toutes choses fussent prêtes pour cet effet, et, suivant ce, furent au Louvre prier Leurs Majestés de faire l’honneur à la dite ville de poser la dite première pierre et de prendre leur dîner au dit château de Cachant, ou en tel autre lieu qu’il leur plaira, lequel seigneur roi fit réponse qu’il iroit encore dîner au dit Cachant, et après le dîner, il iroit poser la première pierre ; et la dite dame reine, s’excusant du dîner, dit qu’elle se trouveroit aux dites fontaines de Rungis l’après-diner, dont mes dits sieurs de la ville remercièrent très-humblement leurs dites Majestés ; et étant mesdits sieurs de la ville revenus au dit Hôtel de la ville, avisèrent entre eux à tous les préparatifs nécessaires, tant pour les festins nécessaires, meubles précieux, collations, tentes, truelle d’argent, trompettes, tambours, médailles, vin pour défoncer en signe de réjouissance et largesse que toute autre chose requise, que mandant au dit Coeffier de préparer quatre beaux plats des viandes les plus exquises, et à Joachim Dupont,