Page:Du Camp - Paris, tome 5.djvu/390

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épicier de la ville, d’avoir à préparer les plus belles et exquises confitures qu’il soit possible de trouver pour faire les dites collations. Avenu lequel jour de mercredi, dix-septième du dit mois de juillet au matin, mesdits sieurs de la ville étant avertis que le roi étoit déjà parti pour aller au dit Cachant et se donner le plaisir de la chasse en chemin, partirent dudit Hôtel de Ville avec les dits sieurs procureurs du roi, greffier de la ville et receveur, et plusieurs autres officiers pour le service d’icelle, et allèrent au dit Cachant, où ayant trouvé sa dite Majesté, lui firent la révérence, la remercièrent de tant de peines qu’elle prenoit et de l’honneur qu’elle faisoit à ladite ville ; et ayant été par mesdits sieurs pris garde si tout étoit bien préparé, l’heure étant venue pour dîner, mesdits sieurs supplièrent Sa Majesté de vouloir bien se mettre à table, ce qu’elle fit, pendant lequel temps mesdits sieurs de la ville furent autour de la table, l’entretenant pendant son dîner, tant au sujet desdites fontaines que de plusieurs autres beaux discours, pendant lesquels les seigneurs et autres gentilshommes qui étoient de la suite de sadite Majesté, jusqu’au nombre de plus de cent, dînèrent dans une autre salle à part ; le tout aux frais et dépens de la dite ville ; après lequel dîner, tant sadite Majesté que mesdits sieurs de la ville prirent leur chemin pour aller aux dites fontaines de Rungis, où étant, mesdits sieurs de la ville reconnurent que tout ce qu’ils avaient commandé étoit bien préparé, et aussi deux tentes pour mettre Leurs Majestés à couvert, crainte du soleil, meublées, garnies de chaises de velours, brodées d’or et d’argent, et où étoit dressée une fort belle collation de toutes fort belles confitures exquises et en grande quantité ; comme aussi les ouvriers et entrepreneurs des dites fontaines étoient préparés pour faire asseoir la dite première pierre. Et environ les trois heures de relevée, arriva aux dites fontaines de Rungis la reine régente, suivie de M. le duc de Guise, de M. de Janville, de M. de Rheims, de M. le duc de Montbason, et d’autres seigneurs et gentilshommes, princesses, dames et demoiselles au-devant de laquelle dame reine mesdits sieurs de la ville furent, et la remercièrent de tant de peines qu’elle prenoit pour la dite ville : et aussitôt les trompettes étant en grand nombre avec des tambours, commencèrent à sonner ; même fut défoncé trois muids de vin que mesdits sieurs de la ville avaient fait préparer, qui furent dispersés, tant aux manœuvres et autres ouvriers desdites fontaines, étant au nombre de plus de six cents, qu’à plusieurs autres personnes, le tout en signe de réjouissance d’un si bel œuvre pour le public que lesdites fontaines, et à l’instant mondit sieur le prévôt des marchands, suivi de mesdits sieurs les échevins, procureur du roi, greffier et receveur, présenta au roi une truelle d’argent, et aussitôt, le grand trompette sonnant, le dit seigneur roi a été conduit à l’endroit où se commence le dit regard, suivi de la dite dame reine et de tous