Page:Du Camp - Paris, tome 5.djvu/42

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les châles ; le jeudi, les diamants et les bijoux ; les autres jours, on vend plus particulièrement les paquets, qu’on met sur table aussi le lundi, le mercredi et le jeudi quand les articles spéciaux sont épuisés.

La salle est une rotonde fort laide, dont la coupole, ornée de caissons d’une insupportable lourdeur, laisse pendre une tige de fer entièrement tapissée de toiles d’araignées et terminée par six becs de gaz. Le commissaire-priseur et son clerc sont assis au bureau ; à côté, un contrôleur de la garantie vérifie si les matières d’or et d’argent ne portent point un contrôle périmé ; un employé de l’administration tient note des objets vendus et du prix d’adjudication. En face, une forte table en forme de fer à cheval, derrière laquelle le public est assis ; entre la table et le bureau, un espace vide où deux aboyeurs se démènent en criant les lots et en répétant les enchères. Un objet mis en vente peut être retiré par son propriétaire jusqu’à la dernière seconde, tant qu’il n’a pas été aliéné par le coup de marteau sacramentel du commissaire-priseur. Ce fait se produit tous les jours : sur une moyenne de 360 articles vendus quotidiennement, six ou sept sont sauvés in articulo mortis.

Le public est toujours le même, mais il est composé de différentes couches qui se succèdent selon le genre d’objets qu’on apporte sur la table ; cependant le mercredi on voit des madames à chapeaux et à panaches, revendeuses à la toilette qui excellent à apprécier les dentelles, les châles de cachemire et bien d’autres choses encore, et le jeudi, vers une heure, — l’heure des diamants, — il y a là des hommes dont le type sémitique annonce qu’ils ne sont point de notre race ; ceux-là savent à première vue évaluer un brillant à un centième de carat près.

J’ai assisté à ces ventes : elles sont rondement me-