Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/119

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


donc assez inutile : car quoique le feu empereur Cang hi dont la sagesse est connue, ait quelquefois donné permission d’ouvrir des mines d’argent, et qu’il en ait même fait ouvrir par des gens de sa maison, qui ont soin de son domaine en plusieurs endroits, on leur a fait cesser ce travail au bout de deux ou trois ans, et ce n’est pas, dit-on, parce qu’il y avait peu de gain à faire, mais bien plutôt pour ne pas donner occasion à la canaille de s’attrouper. On dit que ceux qui travaillent aux mines d’argent, ouvertes de tout temps dans la province d’Yun nan, y ont fait autrefois un gain considérable.

On ne peut douter qu’il n’y ait des mines d’or. Ce qu’on a d’or à la Chine, se tire des mines, et principalement du sable des rivières et des torrents, qui descendent de certaines montagnes situées dans la partie occidentale des provinces de Se tchuen et d’Yun nan. Cette dernière province est la plus riche des deux. Les peuples nommés Lolo, dont je parlerai dans la suite, qui occupent la partie la plus voisine des royaumes d’Ava, de Pegou, et de Laos, doivent avoir beaucoup d’or dans leurs montagnes : ce qui le prouve, c’est que leur coutume est de mettre une bonne quantité de feuilles d’or dans les bières des personnes illustres, ou qui ont mérité leur estime.

Leur or n’est pas beau à la vue, peut-être parce qu’il n’est pas purifié ; apparemment que les Lolos ne sont pas plus habiles à fondre l’or que l’argent, qui est encore plus mêlé et plus noir, mais qui devient pur et aussi beau que tout autre, lorsqu’il a passé par le creuset des ouvriers chinois. L’or le plus beau et le plus cher, est celui qu’on trouve dans les districts de Li kiang fou, et de Yang tchang fou.

Comme ce qui s’en retire n’est pas monnayé, il est employé au commerce, et devient marchandise : mais le débit en est peu considérable dans l’empire, parce que l’or n’est guère mis en œuvre que par les doreurs, et dans quelques légers ornements. Il n’y a que l’empereur qui s’en est fait faire quantité de vaisselle.


Mines de charbon de pierre.

Les mines de charbon de pierre sont en si grande quantité dans les provinces, qu’il n’y a apparemment aucun royaume au monde, où il y en ait tant, et de si abondantes. Il s’en trouve sans nombre dans les montagnes des provinces de Chen si, de Chan si et de Pe tche li ; aussi s’en sert-on pour tous les fourneaux des ouvriers, dans les cuisines de toutes les maisons, et dans les hypocaustes des chambres qu’on allume tout l’hiver. Sans un pareil secours, ces peuples auraient peine à vivre dans des pays si froids, où le bois de chauffage est rare, et par conséquent très cher.


Mines de fer, d’étain, et d’autres métaux.

Il faut aussi que les mines de fer, d’étain, de semblables métaux d’un usage ordinaire, soient très abondantes, puisque le prix en est bas presque dans tout l’empire. Les missionnaires géographes ont été témoins de la fécondité d’une mine de totenague dans la province de Hou quang, dont on avait tiré en peu de jours plusieurs centaines de quintaux.


Mines de cuivre

Celles de cuivre ordinaire, qui sont dans les provinces d’Yun nan, et de Koei tcheou, fournissent depuis plusieurs années, toute la petite