Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/133

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dans toute la province de Pe tche li, mais dès qu’on la quitte pour passer dans celle de Chan si vers Tien tching ouei, la Muraille commence à n’être que de terre battue : elle est sans crénaux, et sans enduit, peu large, et haute au plus de quinze pieds.

Cependant, quand on a passe Cha hou keou à 40 degrés 19 minutes, lieu par où les Moscovites viennent en droiture de Selingisko, elle est revêtue en dehors de brique, et parmi ses tours il y en a quelques-unes qui sont fort larges et bâties de briques sur une base de pierre : mais elle ne continue pas toujours de même.

Le fleuve Hoang ho, bordé de guérites, où des soldats font sentinelle jour et nuit, tient lieu de grande Muraille vers les limites qui séparent la province de Chan si de celle de Chen si.

Au-delà du Hoang ho, quand on va vers l’occident dans la province de Chen si, la Muraille n’est plus que de terre : elle y est basse, étroite, quelquefois ensablée, car elle est dans un terrain plein et sablonneux, et en quelques endroits tout à fait ruinée : mais d’autre part l’entrée est défendue par plusieurs villes considérables, telles que sont Yu ling hien à 33 degrés 15 minutes ; Ning hia, Lan tcheou à 37 degrés 59 minutes ; Kan tcheou à 39 degrés ; Sou tcheou et Si ning, où résident des officiers généraux avec des corps de troupes. Celui de Kan tcheou est le commandant général qu’on nomme ti tou ; les autres ne sont que des lieutenants généraux appelés tsong ping.

Ning hia est la meilleure de ces villes, et est plus belle, plus riche, et surtout mieux bâtie que la plupart des villes de l’empire : elle est même assez grande, car si l’on prend l’une et l’autre enceinte habitée, comme ne faisant qu’un tout, elle a bien quinze lis chinois de tour.

L’industrie des habitants y a rendu la terre fertile : ils ont fait des canaux et des écluses propres à conduire les eaux du fleuve Hoang ho dans leurs terres, quand elles ont besoin d’être arrosées. Les fossés de la ville ont des sources salées, dont on fait du sel. Il y a des manufactures d’étoffes en laine, et on y travaille des tapis façon de Turquie.

Les montagnes sont si hautes dans le district de Ning hia qu’à sept ou huit lieues de la ville, elles tiennent lieu de grande Muraille dans l’espace d’environ dix lieues : elles sont fort escarpées, et presque toutes étroites.

Sou tcheou qui est à 39 degrés 45 minutes 40 secondes, est une assez grande ville, mais moins belle et moins marchande que Ning hia, quoiqu’elle commande aux soldats qui sont à Kia yu koan par où l’on va à Hami et dans plusieurs districts des Tartares Kalkas.

La muraille n’est que de terre dans ces cantons, mais elle est mieux entretenue qu’ailleurs, à cause du voisinage des habitants de Hami qui ne sont soumis à l’empereur que depuis peu d’années. Les murailles de Kia yu koan ne sont point de brique, mais elles sont bien garnies de soldats qui défendent cette importante entrée.

Quand on a passé une petite ville nommée Tchouang lan, parce qu’elle est située à la rencontre de deux chemins, dont l’un est dans la vallée, qui