Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/134

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va par Lang tcheou jusqu’à Kia yu koan, et l’autre le long des montagnes qui vont à Si ning tcheou il n’y a plus de muraille, mais seulement un fossé creusé exprès et médiocrement large, excepté dans les gorges qui sont voisines de Si ning, et qui sont murées comme celles de la province de Chen si.

La ville de Si ning qui est à 36 degrés 59 minutes n’est pas grande, mais elle surpasse celle de Ning hia par son commerce : tout ce qui vient de pelleterie de la Tartarie occidentale, se vend dans cette ville, ou dans un bourg voisin nommé Topa. Il est certain que ce lieu vaut mieux qu’une grande ville, quoiqu’il soit d’ailleurs assez mal situé et mal bâti. On y trouve presque tout ce qu’on peut souhaiter de marchandises étrangères de la Chine, diverses drogues, du safran, des dattes, du café, etc.

Quand le père Régis y était pour travailler à la carte du pays, il y trouva trois ou quatre Arméniens catholiques qui s’y étaient établis, et avaient boutique ouverte des belles peaux qu’ils allaient chercher chez les Tartares. Les maisons et les boutiques sont bien plus chères dans ce bourg, que dans la ville de Si ning qui n’en est éloignée que de quatre lieues.

Ce qu’il y a de singulier, c’est que ce bourg ne dépend point des mandarins de Si ning, mais d’un bonze lama, qui se prend toujours dans la même famille à laquelle ce terrain appartient. Cette famille est la plus considérable de la nation qu’on nomme Si fan ou Tou fan, dont je donnerai une connaissance plus étendue.

Les empereurs de la famille précédente, dans le dessein de mieux assurer le repos de la nation, en rendant le lieu où ils tenaient leur cour comme imprenable, avaient bâti une seconde muraille aussi forte et aussi surprenante que l’ancienne. Elle subsiste encore toute entière dans le Pe tche li, à 76 lis de Peking, en une des principales portes nommée Nan keou, à dix lis de là, sur le penchant d’une haute montagne, par où l’on va à Suen hoa fou, et par là à Tai tong de la province de Chan si. C’est une petite ville fortifiée de plusieurs enceintes de murailles, lesquelles suivent les hauts et les bas des montagnes qui sont à côté, et surprennent par une structure si hardie.

Cette muraille qu’on appelle la grande Muraille intérieure se joint avec l’autre au nord de Peking près de Suen hoa fou où est une garnison ; continue le long de la partie occidentale de la province de Pe tche li, et s’étend dans la province de Chan si, où elle est tombée en bien des endroits. Parmi les plans de ville qui sont vers le milieu de ce volume, on trouvera gravé le plan d’une partie de la grande Muraille du côté de Yong ping fou.

Quand on considère le nombre des places et des forts bâtis entre ces deux murailles, et tout ce qui est du côté oriental, on ne peut s’empêcher d’admirer le soin et les efforts des Chinois, qui semblent avoir épuisé tous les moyens que la prévoyance humaine peut suggérer pour la défense de leur royaume, et pour la tranquillité publique.