Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/14

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surtout lorsqu’on vit que ce qu’il avait avancé, s’accordait avec les relations que donnèrent les premiers missionnaires, qui vers la fin du quinzième siècle pénétrèrent enfin dans la Chine, dont jusqu’alors, par des vues politiques de cette nation, l’entrée avait été fermée à tous les étrangers. On ne put pas s’empêcher de se rendre, et d’ajouter foi au témoignage de personnes, que leur état, leur droiture, leur capacité, et leur désintéressement mettaient hors de tout soupçon.

La curiosité se réveilla, et l’indifférence qu’on avait témoignée jusqu’alors pour la Chine, se changea dans un vif empressement de connaître une nation si ancienne, et dont on rapportait des choses si singulières. Mais cette curiosité-là même fit éclore un nombre de petites relations, faites sans choix ni discernement, qui donnaient les plus fausses idées de cet empire. Qu’un vaisseau européen abordât à un port de la Chine et y passât quelques mois, aussitôt les gens de l’équipage recueillaient avec avidité, et jettaient sur le papier, non seulement tout ce qui s’offrait à leurs yeux aux extrémités d’un si vaste État, mais encore tout ce qu’ils pouvaient ramasser dans les entretiens qu’ils avaient avec une populace assez peu instruite. De retour dans leur patrie, ils s’applaudissaient de leurs découvertes ; et c’est sur des mémoires si peu fidèles, qu’ils composaient leurs relations.

D’autres bien moins sincères, ont cru pouvoir amuser agréablement leurs lecteurs, en suppléant de leur propre fonds aux connaissances qui leur manquaient. C’est ce qu’a fait un voyageur italien dans un livre imprimé à Naples en l’année 1720, qui a pour titre Giro del Mondo, c’est-à-dire, Voyage autour du Monde. Il y fait une