Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/188

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On voit dans ce canton quantité de villages et de petits hameaux. On laisse la ville à droite ; elle a bien 1.500 pas de tour. Ses murailles sont bien entretenues.

Le 8 je fis 45 lis à l’ouest nord-ouest. A 40 lis de là on trouve un hameau où l’on quitte le chemin qui conduit à Tai yuen fou, capitale de la province de Chan si, pour prendre la route de Pin yang fou. On fuit ce chemin au sud-ouest ¼ sud. A trente-trois lis de cette séparation finissent les montagnes qui ont été tout le jour de terre bien cultivée, et où l’on voyait quantité de hameaux ; tout est plein de précipices formés, ou par les torrents qui ont emporté les terres, ou, ce qui est plus vraisemblable, par les tremblements de terre qui s’y font sentir assez souvent : car la plupart du temps je voyais de grands gouffres entourés de tous côtés de telle sorte, que les eaux ne peuvent y entrer, ou du moins qu’elles ne peuvent en sortir.

Ce qu’il y a d’admirable, et ce qu’on remarque en plusieurs endroits de cette province, c’est qu’on trouve quatre et cinq cents pieds de terre solide en profondeur sans la moindre pierre, ce qui ne contribue pas peu à sa fertilité. J’allai coucher à Ouan hou tching après avoir fait 120 lis sur les montagnes. Tout était glacé le matin, et même la petite rivière : il faisait un froid très piquant, et le soir la chaleur était extrême.

Après ces montagnes on entre dans une plaine très belle, très unie, et fort peuplée. Ici les montagnes forment un grand bassin, laissant une grande ouverture depuis l’ouest jusqu’au sud-ouest. Ces montagnes sont à quatre lieues du côté de l’occident, et à un peu moins du côté du sud-ouest.

Le 9 au sud-ouest 1/4 ouest : à six ou sept lis de ce chemin on laisse au sud la ville de Yu tse hien. Elle a quatre portes, et paraît carrée. A douze lis une bourgade entourée de murailles de terre. Là on passe un ruisseau qui court vers l’occident. A 15 lis on passe un autre ruisseau qui court pareillement vers l’occident, à 26 lis un village ouest sud-ouest. A 36 lis un ruisseau qui court au nord. A 43 lis un village, et après ce village route à l’ouest sud-ouest. A 46 lis une rivière qu’on passe sur un pont de bois couvert de terre : elle court à l’occident, puis tourne aussitôt au nord. A 52 lis un village, et de là au sud-ouest durant huit lis jusqu’à Siu kiou hien où je dînai, après avoir fait ce matin-là 60 lis.

Cette ville a du nord au sud environ 400 pas, et moins de 200 est ouest. Ses murailles de brique sont belles ; celles qui entourent le faubourg ne sont que de terre avec des créneaux de brique. Après avoir marché encore 45 lys, et passé par plusieurs villages, j’allai coucher à Kia lin. Ces villages sont autant de petites villes, et il y en a qui valent mieux que plusieurs hien. Cela joint à la beauté de la campagne qui est unie comme une allée de jardin, et aux bouquets d’arbres qui entourent les villages, fait un aspect très agréable. En plusieurs endroits de cette plaine à 1.500 pas à la ronde, on voit tout à la fois jusqu’à