Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/190

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au pied duquel on passe : il est sur une butte. Là on quitte le Fuen ho qui se jette à l’ouest dans une vallée, et on laisse au sud-est un lit de torrent large et fort pierreux, pour commencer à grimper une montagne, qui me parut avoir environ cent pas de perpendicule sur le niveau du Fuen ho. La montée est rude.

A vingt lis au haut de la montagne on trouve un hameau, d’où l’on descend durant cinq lis jusqu’à une pagode où il y a une grande arche de pierre sur un torrent : ensuite on remonte durant cinq autres lis, puis on descend encore jusqu’à Gin y où je couchai, qui est à 40 lis de Ling che hien. On trouve un monde infini sur le chemin. Le vent était si fort que ma mule repoussée ne pouvait quelquefois avancer. La poussière obscurcissait le soleil, en sorte qu’à midi on ne voyait que comme au travers d’un épais brouillard.

Toutes les montagnes sont cultivées jusqu’à leur sommet, et coupées en terrasses. Les abîmes et les précipices sont également cultivés, il y a peu de pierres dans ces montagnes et elles sont de terre solide. Les 30 derniers lis sont au sud sud-ouest.

Le 12 je fis trois à quatre lis au sud-ouest 1/4 ouest, après quoi je passai une montagne allant au sud sud-est. A quinze lis de Gin y sur le haut de la montagne est un village. On descend ensuite en allant au sud jusqu’à 25 lys. De là à l’ouest. A 48 lis on trouve une pagode au pied de la montagne, de là on entre dans une vallée, dont le Fuen ho arrose le côté droit : elle a bien 600 pas de large.

Enfin après avoir fait cette matinée-là 60 lys j’allai dîner à Tcho tcheou. A l’entrée de la ville on passe un ruisseau sur un petit pont de pierre ; on voit à gauche un bœuf de fer fondu. La ville a 200 pas est-ouest sur 400 nord et sud. Le Fuen ho passe au pied. De-là route au sud, où l’on voit une pagode, puis on remonte une montagne.

A 36 lis une autre pagode à gauche ; on trouve une plaine charmante sur le haut de la montagne, qu’on descend après avoir fait cinq lis, et la route est au sud sud-ouest. On rentre dans une vallée semblable à la précédente, ou l’on retrouve le Fuen ho qu’on laisse toujours à droite.

Enfin après avoir fait 60 lis je vins coucher à Tchao tching hien. Cette ville a 300 pas nord et sud, sur 200 est ouest. Elle est fort peuplée, j’y vis un bel arc de triomphe de pierre bien taillée. Toujours grand monde sur le chemin ; la terre très bien cultivée. Sous ces montagnes on trouve des mines de charbon de terre ; on en tire sans cesse ; il peut bien se faire que ces mines étant épuisées, les terres s’affaissent, et forment ces gouffres horribles qu’on voit. C’est néanmoins un spectacle charmant, que de voir du haut d’une montagne les montagnes d’alentour, qui sont sans nombre, et toutes terrassées, et couvertes au printemps d’un beau tapis vert. Il y a de ces précipices qui laissent à peine trois ou quatre pas de largeur pour le chemin.

Le 13 route au sud. A trois lis de la ville on passe une petite rivière, qui se jette dans le Fuen ho, après quoi on laisse un village à gauche ; à quatre lis route au sud-ouest, et à dix lis un autre village où l’on monte une