Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/204

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tantôt le soir, dans chacun de ces deux royaumes, sur mer et sur terre, et même à Peking.

Ce phénomène n’est autre chose, que certains demi-cercles d’ombre et de lumière, qui paraissent se terminer, et s’unir dans deux points opposés du ciel, savoir d’un côté dans le centre du soleil, et de l’autre dans le point qui est diamétralement opposé à celui-là. Comme ces demi-cercles sont tous terminés en pointe, tant en orient qu’en occident, c’est-à-dire, vers les points opposés de leur union, et qu’ils vont en s’élargissant uniformément vers le milieu du Ciel, à mesure qu’ils s’éloignent de l’horizon, ils ne ressemblent pas mal pour leur figure aux maisons célestes, de la manière dont on les trace sur les globes ; à cela près seulement, que ces zones d’ombre et de lumière sont ordinairement fort inégales pour la largeur, et qu’il arrive souvent qu’il y a de l’interruption entre elles, surtout lorsque le phénomène n’est pas bien formé.

Toutes les fois que je l’ai observé, et je l’ai vu quatre fois différentes dans ce voyage en moins de quinze jours, j’ai toujours remarqué que le temps était extrêmement chaud, le ciel chargé de vapeurs avec une disposition au tonnerre, et qu’un gros nuage épais et entr’ouvert était vis-à-vis du soleil. Ce phénomène semble pour sa figure, fort différent de ces longues traces d’ombre et de lumière, qu’on voit souvent le soir et le matin dans le ciel, aussi bien en Europe qu’ailleurs, et auquel leur figure pyramidale a fait donner le nom de verges.

Si l’on demande pour quelle raison ce phénomène paraît plutôt en Asie qu’en Europe, et en été que dans les autres saisons, il me semble qu’on pourrait en attribuer la cause à la nature des terres de l’Asie, qui étant pour la plupart beaucoup plus chargées de nitre que celles d’Europe, remplissent l’atmosphère, surtout en été, et lorsque le soleil a plus de force pour les élever, d’exhalaisons nitreuses, lesquelles étant répandues également dans l’air, les rendent plus propres à réfléchir la lumière, et par conséquent à former le météore.

Le 26 deux postes : la première de trois lieues et demie jusqu’à Liu tcheou fou, et la seconde de six jusqu’à Y ho y. La ville de Liu tcheou me parut plus peuplée et mieux bâtie, que toutes les autres villes, par où j’ai passé depuis Peking jusqu’ici. On n’y remarque rien de particulier, à la réserve de quelques arcs de triomphe, des tours, et des ponts de marbre qui s’y trouvent, il y en a plusieurs sur cette route, lesquelles sont en partie désertes et vides de maisons, qui n’ont point été rétablies depuis qu’elles ont été ruinées par les Tartares qui ont conquis la Chine, et qui sont encore maintenant sur le trône.

Le 27 deux postes, l’une de six lieues et demie jusqu’à San keou y, l’autre de deux lieues jusqu’à Yu tching hien et de quatre autres jusqu’à Mei sin y. Ces jours-ci nous commençâmes à voir dans la campagne, plusieurs de ces arbres singuliers qui portent le suif, dont on fait de la chandelle, qui est en usage dans la plupart des provinces de l’empire.

Le 28 deux postes : la première de six lieues jusqu’à Lou ting y, la seconde de deux lieues jusqu’à Tong tching hien et de quatre lieues et