Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/319

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en certaines saisons, où deux des plus grands fleuves de la province enflés par les pluies, viennent s’y décharger, et en sortent ensuite continuant leur route, avec une diminution peu sensible ; et par la quantité étonnante de beaux poissons qu’on y pêche. Le grand nombre de barques et de marchandises qui y abordent, la rendent une des plus riches villes de l’empire.

Son territoire est séparé par le grand lac dont je parle : il consiste en une ville du second ordre, et sept du troisième. Quelques-unes de ces villes sont au levant du lac, et quelques autres au couchant, il est partout extrêmement fertile, et rempli de différentes espèces d’orangers et de citronniers.

De grandes forêts d’arbres, et surtout de pins, couvrent plusieurs de ses montagnes. Dans quelques-unes on trouve de la pierre d’azur, et une pierre verte, laquelle réduite en poudre, fournit aux peintres une très belle couleur verte. On tire de quelques autres du talc, et des petites pierres noires que les médecins réduisent pareillement en poudre très fine, dont ils se servent comme d’un remède efficace contre les maux de gorge, et surtout contre l’esquinancie.


PAO KING FOU. Troisième ville.


Cette ville est bâtie sur la rivière de Lo kiang dont les eaux vont se jeter dans la rivière de Heng kiang, qui communique avec le lac Tong ting. Son territoire qui consiste en des vallées fertiles et de fort belles campagnes, devient montagneux lorsqu’on approche de la province de Quang si. Elle n’a dans son ressort qu’une ville du second ordre, et quatre autres du troisième.

Au nord d’une de ces villes nommée Ou kang tcheou, la rivière est très dangereuse, et il est peu sûr d’y naviguer : ses eaux se précipitent à travers les rochers avec une rapidité étonnante. On y a dressé une colonne de cuivre, à laquelle on attache les barques, jusqu’à ce qu’on ait pu prendre les mesures nécessaires, pour leur faire remonter la rivière sans péril.


HENG TCHEOU FOU. Quatrième ville.


Le district de cette ville est assez étendu : il comprend une ville du second ordre, et neuf du troisième, qui sont de sa juridiction. Elle est située dans un angle que forment deux rivières qui enferment une partie de son territoire. Ses montagnes sont très agréables et très bien cultivées ; il y en a d’autres couvertes d’arbres toujours verts. Le pays produit tout ce qui est nécessaire à la vie ; on y trouve beaucoup de gibier, il y a quantité de mines d’argent qu’on ne permet pas de creuser ; on y fait de fort bon papier, enfin tout y abonde, et ce n’est pas une des moindres villes de la province.