Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/388

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


province, ou d’une contrée, à ses cadets, avec la liberté d’y lever des impôts, pour soutenir avec éclat le rang de leur naissance ; on éleva dans la suite à cette grande dignité quelques personnes d’un rare mérite, ou qui avaient rendu d’importants services.

Ce partage d’autorité, quoique dépendante de celle de l’empereur, a été sous des règnes faibles, la source d’une infinité de divisions et de guerres intestines, qui ont déchiré cet empire.

Tout ce qu’il y a d’habiles historiens chinois conviennent, que c’est Fo hi qui a jeté les premiers fondements de leur monarchie, et que si quelques auteurs ont tâché d’en pousser plus loin l’origine, tout ce qu’ils ont avancé, est manifestement fabuleux et hors de toute vraisemblance. Ils conviennent encore des successeurs qu’a eu Fo hi, et qui sont au nombre de six, jusqu’à l’empereur Yao, savoir Chin nong, Hoang ti, etc.

Mais en quel temps a paru Fo hi ? Quelle a été la durée du règne de ces six empereurs jusqu’à Yao ? C’est ce qui, selon eux, est très incertain, et dont on n’a point de connaissance assez sûre, pour ranger ces temps là sous une exacte et vraie chronologie. Ce n’est que depuis Yao, qui commença à régner 2.357 ans avant Jésus-Christ, que leur chronologie se trouve parfaitement bien conduite : le nom des empereurs, la durée de leur règne, les divisions, les révolutions, les interrègnes, tout est marqué dans un grand détail et sans affectation.

Cette opinion est si bien établie parmi tous les savants historiens de la Chine, que si quelqu’un s’avisait de rapprocher davantage de nos temps l’origine de leur empire, il serait regardé comme l’inventeur d’une doctrine erronée, et exposé à de grandes peines. Cette chronologie mérite en effet qu’on y ajoute foi pour les raisons suivantes.

1° Elle est fort suivie et bien circonstanciée.

2° Elle n’a point l’air de fable, comme celle des Grecs et des Romains, dans les commencements de leur histoire.

3°, Elle est appuyée sur plusieurs observations d’éclipses qu’elle marque, et qui se trouvent très conformes au calcul astronomique des plus savants astronomes de ces derniers temps ; et il n’en faudrait point d’autre preuve, que la vérification de la célèbre éclipse arrivée sous l’empereur Tchong kang, qui régnait plus de deux mille ans avant Jésus-Christ.