Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/454

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Le quatorzième jour du neuvième mois de la cinquante-quatrième année du cycle, Lao kiun vint au monde dans la province de Hou quang. C’est l’auteur d’une des deux sectes principales, qui ont infecté l’empire, et dont je parlerai assez au long.

Il prétendait que l’âme périssait avec le corps, que la félicité de l’homme consistait dans la volupté, et bornant tout le bonheur à cette vie, il se vantait d’avoir trouvé le secret de la prolonger bien au-delà du cours ordinaire ; c’est ce qui fit appeler cette secte, la secte des immortels. Elle trouva aisément entrée chez les Grands, qui se flattaient en la suivant, de prolonger leurs jours.

On a néanmoins lieu de croire que le chef de cette secte impie, reconnaissait un Être suprême qu’il nommait Tao ; l’on trouve un passage dans un de ses traités, où il dit que ce Tao n’a point de nom qui lui convienne, qu’il a créé le ciel et la terre sans avoir de corps, qu’il est immobile, et qu’il donne le mouvement à tout. Ce qui a fait croire à quelques-uns que sa doctrine, en ce qu’il y a de plus mauvais, a été altérée et fort corrompue par ses disciples. Il mourut à l’âge de quatre-vingt-quatre ans.


Cycle XXX. Année avant J. C. 597.

L’année sixième de ce nouveau cycle, il y eut de grands tremblements de terre à la Chine, et la douzième l’empereur mourut, et laissa sa couronne à son fils, nommé Kien vang.


KIEN VANG. Vingt-deuxième empereur.
A régné quatorze ans.


Ce prince conserva la majesté de l’empire par la sagesse de sa conduite, et soutint avec dignité tout le poids de la couronne. Il s’éleva de son temps deux dangereuses opinions de philosophes, qui excitèrent beaucoup de bruit, et qui furent vivement réfutées.

Ces deux philosophes étaient Yang et Me. Celui-ci prétendait qu’il fallait également aimer tous les hommes sans faire de distinction entre les étrangers, et ceux qui nous sont le plus étroitement unis par les liens du sang et de la nature. Celui-là voulait qu’on se renfermât uniquement dans le soin de soi-même, sans prendre aucun intérêt à tout le reste des hommes, pas même à la personne de l’empereur.

Ce n’est que sous ce règne que l’histoire parle du royaume de Ou, qui est aujourd’hui la province de Kiang nan.

L’empereur mourut la vingt-sixième année du cycle, et eut pour successeur son fils, nommé Ling vang.