Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/473

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Celui-ci, qui devint le plus puissant, attacha à son service le brave Lieou pang, et ayant résolu d’attaquer l’empereur dans la capitale, il le fit venir avec deux autres officiers : il donna à chacun d’eux le commandement d’une armée pour attaquer séparément l’empereur, et promit le royaume de Tsin à celui qui se rendrait le maître de la capitale, et qui en chasserait un prince si peu digne du trône.

L’empereur opposa des troupes nombreuses à celles du roi de Tsou, et il comptait qu’après les avoir défaites, il viendrait aisément à bout des autres princes ; son armée remporta d’abord une victoire sur l’un de ces trois généraux, mais ensuite elle fut battue à son tour par celle que commandait le général de Tsou, nommé Hiang hiu.

On dépêcha un député à la Cour pour en obtenir un renfort de troupes ; mais ce député étant retourné à l’armée impériale, sans avoir pu obtenir audience du colao, cette armée avec son général, se livra à Hiang hiu, et augmenta le nombre de ses soldats.

Le colao ayant appris la désertion des troupes impériales, et craignant qu’on ne soupçonnât son infidélité, prévint le châtiment qu’il avait lieu d’appréhender, par la résolution qu’il prit de faire mourir l’empereur. Il introduisit à cet effet un assassin dans le palais, qui commit ce parricide, et le malheureux prince qui avait fait mourir son frère aîné pour usurper sa couronne, périt si tristement après trois années de règne, et à la vingt-quatrième année de son âge.

Le colao, qui pendant ce temps-là s’était enfermé dans son palais, où il feignait d’être malade, en sortit promptement, comme s’il avait dessein de découvrir l’auteur et les complices du parricide, et afin de mieux éloigner tout soupçon, et de faire parade de sa fidélité, il fit élire Ing vang petit neveu de l’empereur, pour lui succéder au trône.


ING VANG. Quatrième empereur.
A régné quarante-cinq jours.


Il n’y avait que trois jours qu’il avait pris possession du trône, lorsqu’il découvrit que c’était le traître colao qui avait fait assassiner l’empereur. Ce ministre avait trop de crédit, pour qu’on en pût tirer une vengeance publique. L’empereur, pour se défaire d’un tel sujet, contrefit le malade, et chargea le prince son fils de le poignarder, lorsqu’il viendrait seul, selon le privilège de sa charge, pour l’entretenir en particulier.

C’est ce qui fut exécuté, et l’empire par cette mort fut délivré