Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/52

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dans un nouveau travail, qui d’ailleurs n’était pas fort nécessaire.

Nous nous sommes donc contentés des observations, soit de la lune, soit des satellites de Jupiter, faites avant nous, par quelques-uns de nos Pères en différentes villes. Nous en avons même abandonné quelques-unes, parce qu’elles ne pouvaient s’accorder exactement avec nos mesures, qu’en supposant quelque légère erreur de temps dans l’observation ; ce qui n’arrive que trop souvent aux plus habiles observateurs. Mais d’ailleurs nous avons observé quelques éclipses de lune arrivées dans les lieux où nous nous trouvions, et la différence qu’elles ont donnée, n’a jamais excédé la quantité dont on sait que la longitude d’un lieu déterminé prise par différentes observations des satellites ou de la lune, a coutume de différer d’elle-même dans ces sortes de variations. Quand nous n’avons pas eu des raisons pour nous attacher à un parti plutôt qu’à l’autre, nous avons pris un milieu pour errer le moins qu’il était possible.

C’est ainsi qu’ayant d’abord employé la méthode des triangles pour les distances qui se trouvent d’une ville à une autre, et l’ayant ensuite comparée avec la méthode des éclipses observées en des lieux fort éloignés de Peking, nous nous flattons d’avoir suivi la voie la plus sûre, et même l’unique qui soit praticable dans le plus grand ouvrage de géographie, qu’on ait jamais fait en suivant les règles de l’art.

« Ceux qui ont donné au public des cartes géographiques de notre Europe, ou de quelque royaume particulier, n’ont presque jamais pris la peine d’examiner la situation des lieux par eux-mêmes : ils se sont