Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/532

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que la destinée de la famille régnante était entre ses mains : quoiqu’il fût au comble des honneurs, et qu’il eût acquis des richesses immenses, l’envie même le respecta, et il n’en ressentit jamais les traits. Quelque magnifique qu’il fût dans sa maison, il était encore plus libéral. Il laissa huit enfants, qui se rendirent tous célèbres par la gloire qu’ils s’acquirent dans les différentes magistratures, où leur mérite les éleva. La Chine porta pendant trois ans le deuil de ce grand homme, qu’elle pleura comme son père.

La puissance des eunuques devint si redoutable, et leur insolence crût à un point, que de tous côtés on n’entendit parler que de révoltes. L’empereur fut obligé de lever quantité de troupes nouvelles pour grossir ses armées, et il lui fallut doubler les impôts pour les entretenir : on en mit même sur le thé, qui est la boisson commune des Chinois.

Ces impositions extraordinaires aigrirent tous les esprits, et la misère du peuple devenue extrême, donna lieu à une infinité de vols et de rapines. Heureusement les armes impériales furent victorieuses de tous côtés et les rebelles étant détruits, la paix fut rétablie dans l’empire, et le peuple soulagé.

L’empereur attribuait un jour tant de guerres et de calamités à sa malheureuse destinée, et ajoutait qu’une partie de ces malheurs lui avait été prédite par les astrologues.

« Prince, lui dit alors son colao, nommé Li mié, laissons parler de la sorte le vulgaire ignorant, il ne convient ni à vous ni à moi de tenir un pareil langage. C’est nous qui, selon que nous gouvernons l’État bien ou mal, rendons notre destinée heureuse ou malheureuse. »

Ce prince mourut âgé de soixante-quatre ans, la vingt-unième année du cycle. Il eut pour successeur son fils nommé Chun tsong.


CHUN TSONG. Dixième empereur.
A régné un an.


On avait tout lieu de se promettre un règne heureux sous ce nouvel empereur : mais se voyant attaqué d’une maladie fâcheuse, et à laquelle il n’y avait point de remède, il abdiqua la couronne, et la remit à son fils Hien tsong.


HIEN TSONG. Onzième empereur.
A régné quinze ans.


Ce prince était d’une pénétration et d’une intelligence admirable pour débrouiller les affaires les plus embarrassées, d’une