Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/533

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


égale promptitude à les expédier, et d’une fermeté dans le parti qu’il avait une fois pris, que nulle considération ne pouvait vaincre. Il donna de solides preuves de son affection pour ses peuples dans un temps de famine ; il ouvrit ses trésors et les greniers publics en faveur des provinces affligées : il fit partir des Grands de sa cour pour s’informer de la misère des peuples, et pour les soulager à proportion de leur indigence.

L’année trente-sixième du cycle, il fit venir avec beaucoup de solennité de la province de Chen si un os du doigt de l’idole Fo. Le tribunal souverain des rits s’opposa fortement à cette folle résolution de l’empereur, disant hardiment que les restes exécrables de cette idole devaient être jetées au feu, et consumées par les flammes. Comme ils persistaient avec fermeté dans leur décision, sans craindre la colère de l’empereur, plusieurs d’entr’eux furent abaissés d’un degré : c’est une peine assez ordinaire dont on punit les grands mandarins de l’empire.

Il donna dans une autre folie, qui lui coûta la vie : il fit chercher de tous côtés le prétendu breuvage de l’immortalité, que promet la secte de Tao à laquelle il était fort attaché. Les eunuques lui présentèrent ce breuvage, et l’on ne douta point qu’ils ne l’eussent empoisonné, car ce malheureux prince après l’avoir pris, mourut tout à coup à l’âge de quarante-trois ans. Son fils Mo tsong lui succéda.


MO TSONG. Douzième empereur.
A régné quatre ans.


Le choix qu’avait fait le dernier empereur de son fils Mo tsong pour lui succéder, fut d’abord traversé par quelques seigneurs, qui avaient dessein de placer un autre prince sur le trône : mais leur projet ayant échoué, ils furent mis à mort.

Se voyant paisible possesseur de la couronne, il accorda selon la coutume, une amnistie générale, par trop de déférence pour les conseils de quelques-uns de ses courtisans, il eut l’imprudence de licencier une partie de ses troupes. La misère où se trouvèrent tant de soldats congédiés, les porta à se réfugier vers les brigands, dont ils augmentèrent le nombre.

C’est sous ce prince que la famille impériale Tang commença à déchoir de l’état de splendeur où elle s’était vue jusqu’alors ; les princes suivants achèveront sa ruine. Il mourut âgé de trente ans, après avoir pris une médecine qu’on lui avait préparée. Son fils King tsong lui succéda l’année suivante, qui était la quarante-deuxième du cycle.