Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/561

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C'est un usage établi à la Chine, que lorsqu’un homme rare s’est extraordinairement distingué par sa vertu ou par sa science dans l’art de gouverner, les empereurs le mettent au rang des disciples de Confucius, afin qu’il partage avec son maître les honneurs, que les mandarins et les lettrés lui rendent à certains jours de l’année.

Le feu ayant pris au palais, y dura quatre jours entiers, sans qu’on pût l’éteindre. Quelques années après il prit de même à la ville impériale, qui était Hang tcheou, et il y eut 530 mille maisons consumées par les flammes.


Cycle LX. Année de J. C. 1204.

L’année douzième de ce règne, le chef[1] des Tartares occidentaux jeta les premiers fondements de son empire, et donna à sa famille le nom de Yuen. Ces Tartares occupaient le pays qui s’étend depuis la province de Chen si, jusqu’au Thibet, et jusqu’à Samarcand.

Depuis qu’ils furent entièrement défaits par le cinquième empereur de la cinquième dynastie Han, environ cent ans avant l’ère chrétienne, ils respectèrent la puissance des Chinois, soit que les peuples de l’Asie la plus occidentale leur donnassent de l’occupation, soit que leurs forces étant partagées entre différents petits souverains, qui n’étaient pas toujours d’intelligence, ils fussent hors d’état de former aucune entreprise contre la Chine.

On raconte, ce qui a assez l’air d’une fable, que ces Tartares, après avoir éteint le royaume appelé Matena, et poussé leurs conquêtes jusqu’aux royaumes des Indes et à Samarcand, s’avancèrent jusqu’à Tié muen, c’est-à-dire, la porte de fer, qui est le nom qu’on avait donné à une citadelle ; que là leur chef fut arrêté par un monstre qui se présenta à lui ; que ce monstre ressemblait à un cerf par sa figure, que la couleur de son poil était verte, qu’il avait une corne au milieu du front, et la queue d’un cheval ; que ce monstre apostropha le prince des Tartares, et lui demanda s’il n’était pas content de tant d’horreurs et de carnages, et s’il ne voulait pas mettre de bornes à sa fureur ; que ce prince effrayé n’alla pas plus loin, et qu’étant de retour dans son pays, il tourna dans la suite ses armes contre la Chine.

Cependant les Tartares orientaux nommés Kin, rompirent la paix, et firent de nouvelles irruptions sur les terres de l’empire. L’empereur eut recours au prince tartare d’occident, avec lequel il se ligua pour détruire les Tartares d’orient, et se délivrer enfin d’un ennemi qui se jouait de la foi des traités, et qui ne lui laissait aucun repos.

Ceux-ci consternés, demandèrent aussitôt la paix aux Chinois, et proposèrent les conditions les plus avantageuses. Mais l’empereur,

  1. On prétend que ce chef des Tartares est le fameux Zin gis kan.