Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/563

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soixante-deux ans, sans laisser après lui de postérité. Tou tsong son neveu lui succéda.


TOU TSONG. Quinzième empereur.
A régné dix ans.


Les débauches auxquelles cet empereur s’abandonna, lui furent funestes, et à son empire ; il y était entretenu par un perfide colao livré comme lui aux plus honteuses passions. Les ministres présentèrent inutilement à ce prince des mémoriaux pour le détacher d’un si méchant homme. Plusieurs d’entr’eux ne voyant plus de remède aux malheurs qui étaient prêts de fondre sur la famille impériale, se retirèrent, et prirent parti chez les Tartares occidentaux, qui suivaient leur projet de conquête.

Leurs armées s’étant répandues dans les provinces d’Yun nan, de Se tchuen et de Chen si, qui avaient subi le joug, entrèrent dans la province de Hou quang, dont presque toutes les villes ouvrirent leurs portes au vainqueur, tandis que le malheureux Tou tsong plongé dans ses plaisirs, était peu à peu dépouillé de ses États sans le savoir.

Ce fut environ ce temps-là que Marc-Paul, gentilhomme vénitien entra à la Chine, et parcourut les plus belles provinces de cette extrémité de l’Asie, dont il donna ensuite des relations qu’on eut bien de la peine à croire en Europe.

Tou tsong mourut la onzième année du cycle à l’âge de vingt-cinq ans, laissant trois petits enfants nés pour être le jouet de la fortune, et pour éprouver son inconstance. Kong tsong son second fils fut placé sur un trône qui était tout prêt de tomber.


KONG TSONG. Seizième empereur.
A régné deux ans.


L’impératrice tint les rênes de l’empire à la place de son fils, qui n’était encore qu’un enfant. Elle envoya des ambassadeurs au prince tartare pour lui demander la paix, et elle se soumettait aux conditions les plus tristes et les plus dures.

Le roi tartare n’en fut nullement touché. « Votre famille répondit-il, ne doit son élévation au trône qu’à l’enfance du dernier prince de la dynastie précédente. Il est juste que ce qui reste de princes de la famille Song, qui ne sont aussi que des enfants, cèdent la place à une autre famille. »

Cependant Pe yen, général des Tartares, avançait avec une