Page:Du halde description de la chine volume 1.djvu/58

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moindre que celui qu’on aurait peut-être trouvé par un instrument plus grand de neuf à dix pieds, tel qu’était celui dont M. Picard se servit pour la dimension d’un degré. Il est vrai aussi que les cordes, dont dix faisaient un ly chinois se resserrent et s’élargissent suivant les divers changements de l’air. Mais faisant réflexion que l’instrument étant toujours le même, ne devait donner qu’une même quantité d’erreur ; que le temps était alors sec et sans variation considérable ; qu’on avait soin de mesurer souvent la corde sur une toise faite exprès ; et qu’enfin l’estime de ces défauts insensibles ne pouvait donner la différence de 258 pieds chinois qu’on trouvait en comparant le 47e degré avec les suivants jusqu’au 41e, ces deux Pères furent presque persuadés qu’il y avait quelque inégalité dans les degrés, quoiqu’elle n’ait pas été remarquée par nos géomètres, mais seulement conjecturée par quelques-uns qui ont supposé la terre semblable à un sphéroïde.

« Mais c’est cette difficulté même de changer la figure de la terre sans des observations indubitables, et continuées sous divers parallèles, qui nous a déterminés à conserver la même mesure de degrés dans tous les grands cercles et dans toutes les parties des méridiens, nous en tenant à la supposition généralement reçue de la rondeur de la terre sensiblement circulaire, et renvoyant la résolution exacte de ce nouveau problème, à ceux qui auront la commodité et le loisir que nous n’avons pas.

« Dans ces dimensions on n’a pas oublié d’observer les déclinaisons de l’aiguille aimantée, soit dans la Tartarie, soit dans la Chine. Mais puisque les déclinaisons