Page:Dumas - Histoire d’un casse-noisette, 1844.djvu/150

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ment. Je fouillai à ma poche, et fut fort étonné d’y trouver un zwanziger tout pareil à celui que demandait cet homme. Cela me parut une coïncidence si singulière que je lui donnai mon zwanziger ; lui, de son côté, me donna la noisette, et disparut.

« Or, je mis la noisette en vente, et, quoique je n’en demandasse que le prix qu’elle m’avait coûté, plus deux kreutzers, elle resta exposée pendant sept ou huit ans sans que personne manifestât l’envie d’en faire l’acquisition. C’est alors que je la fis dorer pour augmenter sa valeur ; mais j’y dépensai inutilement deux autres zwanzigers, la noisette est restée jusqu’aujourd’hui sans acquéreur. En ce moment l’astronome, entre les mains duquel la noisette était restée, poussa un cri de joie. Tandis que maître Drosselmayer écoutait le récit de son frère, il avait, à l’aide d’un canif, gratté délicatement la dorure de la noisette, et, sur un petit coin de la coquille, il avait trouvé gravé en caractères chinois le mot Krakatuk.